Le comité consultatif de reprise et de relance économique de la ville de Montréal est optimiste

Antoine Trussart Antoine Trussart
La Presse

Le milieu des affaires montréalais n’est pas inquiet pour l’avenir à long terme du centre-ville, même si pour le moment, il est un « patient aux soins intensifs », selon Michel Leblanc, président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM).

Quatre des membres du comité consultatif de reprise et de relance économique de la ville de Montréal étaient en conversation avec Déborah Cherenfant, porte-parole de la Jeune chambre de commerce du Montréal métropolitain, lors de l’évènement C2 Montréal, lundi. Ils ont discuté de l’avenir du centre-ville, de l’industrie touristique et des possibilités d’une relance verte.

Le centre-ville survivra

Les panélistes ont bon espoir que les entreprises vont recommencer à envoyer leurs employés au centre-ville pour retrouver les avantages du travail en face à face. « Depuis un mois, je n’entends que des dirigeants d’entreprise parler de la frustration d’une certaine perte de productivité au niveau du travail en équipe, a remarqué Michel Leblanc, de la CCMM. On s’en va vers des modèles hybrides où il y aura beaucoup d’insistance sur les rencontres en personne dès que la pandémie va le permettre », a-t-il ajouté.

« Vous pouvez compter sur nous, on va les remplir, les bureaux qui pourraient devenir vacants dans les prochains semestres », a annoncé Stéphane Paquet, président-directeur général de Montréal International.

Dans l’immédiat, la situation reste très difficile pour le centre-ville de Montréal. M. Leblanc demande une bonification des programmes d’aide aux commerçants et « des données beaucoup plus claires de la part de la Santé publique » sur les risques associés aux transports en commun et à la présence d’employés dans les bureaux.

Industrie touristique

« On a décidé d’être la destination qui sortirait la première de la crise. On veut garder la marque de la destination vivante », a annoncé Yves Lalumière, président-directeur général de Tourisme Montréal. Si l’année 2020 a été catastrophique pour l’industrie touristique, il prévoit que 2021 sera « une année de transition ».

Dans l’immédiat, « il faut préserver tout le bassin de chambres d’hôtel », selon Philippe Rainville, président-directeur général d’Aéroports de Montréal (ADM), et « faire attention à la déstructuration du produit touristique » à Montréal, selon M. Lalumière.

Les deux hommes appellent à agir pour sauver les restaurants qui font la renommée de la ville afin qu’ils puissent attirer les touristes lorsque ceux-ci seront de retour. M. Rainville affirme également travailler à la préparation d’un test rapide de COVID-19 à administrer à l’aéroport, au départ et à l’arrivée. Il n’a pu préciser de date de mise en place de ce test, qui est actuellement en phase de projet pilote à Calgary.

Questionné par le public sur le sujet de l’éventuelle station du Réseau express métropolitain à l’aéroport, M. Rainville a affirmé « qu’on devrait avoir une solution d’ici la fin de novembre ».

Une relance verte

Les quatre panélistes ont tous mis l’accent sur l’importance d’une relance économique plus verte. À la suite de consultations dans le milieu des affaires, « un élément qui est revenu constamment, c’est l’importance d’avoir une reprise verte et socialement responsable », a affirmé Stéphane Paquet, de Montréal International. Ses propos ont eu un écho chez Mme Cherenfant, animatrice de la conférence, qui s’est dite rassurée que cette volonté soit partagée par différentes générations de gens d’affaires de Montréal.

« Si on ne fait pas une relance verte, on va se dire : quelle occasion manquée », a souligné Michel Leblanc, de la CCMM. « Il faut profiter des opportunités qui se dégagent de cette période de pivot », a-t-il ajouté. Il donne pour exemples la chance pour l’industrie aéronautique de développer un avion vert et la mise en service d’un corridor ferroviaire à haute vitesse entre Québec et Windsor.