Montréal désactivera ses parcomètres pendant les fins de semaine et autorisera les commerces à ouvrir le soir, de la mi-novembre à la fin décembre, afin de faciliter le magasinage des Fêtes sur son territoire.

Philippe Teisceira-Lessard Philippe Teisceira-Lessard
La Presse

L’administration Plante veut ainsi « sauver » des commerces qui ne survivront pas à la pandémie si les clients ne sont pas au rendez-vous en cette fin d’année.

« On n’a plus aucune raison de ne pas acheter localement pour le temps des Fêtes », a fait valoir Mme Plante en conférence de presse, jeudi avant-midi. « Nous pouvons faire la différence pour des centaines de commerçants dont la survie est menacée. »

La gratuité du stationnement sur rue devrait permettre aux consommateurs d’épargner un total de 1,7 million de dollars en frais de parcomètres. La Ville espère surtout que cette mesure facilitera l’accès aux commerces situés sur les rues commerciales. « Ça représente 18 000 stationnements, dont 7500 au centre-ville », a indiqué Mme Plante.

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Valérie Plante

Par ailleurs, les magasins qui le souhaitent pourront ouvrir leurs portes jusqu’à 22 h la semaine et jusqu’à 19 h la fin de semaine, une mesure qui existait déjà pour le centre-ville de Montréal. « Ce n’est pas obligatoire », a souligné la mairesse.

Parmi les quatre autres mesures annoncées, l’administration municipale veut continuer à injecter des fonds dans des projets de livraison, de promotion et de sociofinancement. « La Ville de Montréal ne pourra pas sauver les commerces à elle seule », a dit la mairesse Plante, qui espère toutefois que ces mesures faciliteront la vie à ceux qui choisissent de magasiner localement.

Stationnements

Pour l’opposition à l’hôtel de ville, la décision de la mairesse de miser sur le stationnement sur rue tranche avec sa position habituelle.

« Pendant trois ans, ils martèlent que ce ne sont pas les stationnements qui peuvent aider le développement économique et les commerçants. Aujourd’hui, on voit que c’est le contraire, a réagi Lionel Perez en entrevue téléphonique. Ça fait trois ans qu’ils n’arrêtent pas d’éliminer des milliers de stationnements sur les artères commerciales. »

Cela dit, le chef d’Ensemble Montréal se félicite de l’initiative de l’hôtel de ville. Il demande même d’élargir la gratuité des parcomètres aux jeudis et aux vendredis soirs.

Pour sa part, Mme Plante refuse d’y voir une contradiction.

« La COVID nous amène à réfléchir différemment, on n’a pas le choix, a-t-elle dit. Il faut différentes options et le stationnement sur rue en est une. »

La mairesse a demandé que des données soient recueillies sur cette expérience afin d’éclairer ses prochaines décisions. Elle a souligné qu’il pouvait y avoir une différence importante entre la réalité et la perception de certains automobilistes quant au nombre de stationnements disponibles. « Moi, je continue de dire qu’au centre-ville, il y a énormément de stationnements disponibles et que le stationnement sur rue ne règle pas tout », a-t-elle dit.

Présent à la conférence de presse de la mairesse, le président de l’Association des Sociétés de développement commercial soutient le plan de la mairesse pour le temps des Fêtes.

La Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) a aussi appuyé les mesures décidées par l’hôtel de ville de Montréal.

Ce « sont des actions qui permettront non seulement aux citoyens d’avoir plus facilement accès aux commerces pour faire leur achat, mais bénéficieront aussi aux entrepreneurs qui ont besoin de cette période pour rebondir », a indiqué l’organisation.