(Toronto) La société de données américaine Plaid nie avoir utilisé le logo de la Banque TD pour inciter les clients à lui transmettre des renseignements personnels qu’elle pourrait monétiser et se dit déçue qu’une filiale de la TD ait intenté une action en justice contre elle.

Tara Deschamps
La Presse Canadienne

L’entreprise établie à San Francisco a indiqué vendredi dans une déclaration transmise à La Presse Canadienne, que le rôle de Plaid dans les transactions était clairement indiqué aux consommateurs et qu’elle avait été prise au dépourvu lorsque la filiale américaine de la Banque TD a intenté son action en justice.

« Nous avons été étonnés par la décision de la Banque TD de porter plainte au milieu de nos discussions de bonne foi, qui sont toujours en cours », a fait valoir Plaid, dont le logiciel aide des applications telles que Venmo, Coinbase, Square et Stripe à accéder aux informations bancaires et de carte de crédit.

« Nous travaillons avec la TD depuis un certain temps et nous sommes déçus qu’ils aient eu recours à des poursuites et à de fausses allégations. Plaid est publiquement connu pour ne jamais vendre ni louer les informations personnelles des consommateurs. »

La déclaration fait suite au dépôt, mercredi, d’une poursuite civile de la TD devant un tribunal du New Jersey. Plaid y est accusée d’avoir créé une interface utilisateur pour les applications de services financiers qui enfreint les marques de commerce, les logos et la couleur vert de la banque.

Dans les documents judiciaires, la banque soutient que l’interface trompe les consommateurs en leur faisant croire qu’ils saisissent des informations personnelles dans la plateforme de la Banque TD et que Plaid monétise ensuite ces données.

Les allégations formulées dans les documents n’ont pas été prouvées devant les tribunaux.

La Banque TD n’a pas immédiatement répondu à une demande de commentaires vendredi, mais le président de sa filiale américaine, Greg Braca, a déjà déclaré dans un communiqué que la banque poursuivait le procès en raison de son attachement à la transparence et à la confidentialité.

« L’utilisation intentionnelle et non autorisée par Plaid du nom et de l’image de marque de la TD est trompeuse », a-t-il affirmé.

« En imitant l’écran de connexion de la TD, Plaid crée la fausse impression que les consommateurs interagissent directement avec la Banque TD ou saisissent leurs informations bancaires sur les plateformes d’applications numériques et mobiles de la TD, ou sur une plateforme autorisée par la TD, alors que ce n’est pas le cas. »

Selon un porte-parole du Commissariat à la protection de la vie privée du Canada, Vito Pilieci, le bureau n’était pas en mesure de commenter la question parce qu’il n’avait pas examiné cette affaire en particulier ni reçu de plaintes concernant les questions de confidentialité de Plaid.

Plaid et Visa – cette dernière a annoncé plus tôt cette année qu’elle achèterait Plaid pour 5,3 milliards US –, ont fait face à une série de recours collectifs américains accusant l’entreprise de vendre des informations obtenues par connexion à des millions de comptes clients sans divulguer la pratique.

Un article de blogue publié par Plaid en 2018 de Plaid, qui a été mis à jour en 2019, montre que ses produits ont été utilisés par la Banque Royale, la Banque de Montréal, la Banque CIBC et la Banque Scotia et sa filiale Tangerine.

Dans le même article, Plaid annonce avoir lancé des versions préliminaires de logiciels avec la société de technologie financière Wealthsimple et l’entreprise de fidélisation Drop.

La Royale, la Scotia, la CIBC et Wealthsimple ont toutes refusé de dire si elles avaient intenté des poursuites similaires à celle de la TD, ou si elles avaient l’intention de le faire.

La Banque de Montréal et Drop n’ont pas répondu à une demande de commentaire.

Plaid a été fondée en 2012 par Zach Perret et William Hockey et a rapidement accumulé des millions de dollars en capital de risque.