(Québec) Il est « faux et irresponsable » de prétendre que l’industrie forestière n’est pas rentable pour le Québec.

Patrice Bergeron
La Presse Canadienne

Le Conseil de l’industrie forestière (CIFQ) a ainsi accueilli jeudi une étude de l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS). Elle conclut que l’industrie en déclin rapporte moins que ce qu’elle coûte en subventions et en aide de l’État.

Le CIFQ conteste ces données avec sa propre étude et réclame une meilleure aide de l’État en recherche, ainsi que de pouvoir récolter un plus grand volume de bois à proximité des usines, pour abaisser les coûts d’exploitation.

« Pour nous, l’industrie forestière est rentable pour le Québec et il est faux et irresponsable de prétendre le contraire », a riposté le président du CIFQ, Jean-François Samray, en entrevue avec La Presse Canadienne jeudi.

L’étude de l’IRIS soutient que l’aide à l’industrie devrait atteindre pas moins de 485 millions cette année. Selon les deux chercheurs, l’État perçoit moitié moins en redevances forestières en 2013 par rapport à 2004, soit 0,41 $ par dollar versé à l’industrie, par rapport à 0,82 $ en 2004.

Toutefois, c’est parce que le volume de bois à couper a diminué et parce que l’État a pris en charge davantage de dépenses d’aménagement forestier, rétorque M. Samray.

Une nouvelle analyse commandée par le CIFQ à PricewaterhouseCoopers et obtenue par La Presse Canadienne suggère plutôt que l’industrie forestière a versé près de 5 milliards dans les coffres de l’État en 2019 et ses exportations s’élèvent à près de 10 milliards. Cependant, elle n’analyse pas les diverses aides versées à l’industrie.

L’étude de l’IRIS souligne que l’industrie employait près de 100 000 personnes en 2001, mais qu’il ne restait plus que 59 000 emplois en 2018.

M. Samray soutient que c’est parce que les volumes de bois disponibles pour l’industrie ont diminué de 30 % au fil des années, en plus de « gains en efficience » réalisés par les entreprises.

Cependant au total, l’industrie génère plus de 140 000 emplois directs et indirects, soutient l’analyse de PricewaterhouseCoopers.

Le CIFQ demande un meilleur appui financier de l’État en recherche, pour élaborer de nouveaux produits qui pourraient se substituer au plastique, ou encore, par exemple, remplacer les masques protecteurs utilisés actuellement, a évoqué M. Samray.

L’industrie demande également d’augmenter le volume de bois à récolter en permettant des travaux d’élagage et de « jardinage » près des villes, afin que ces forêts puissent être récoltées ultérieurement, à long terme.

« Le gouvernement pourrait mettre en marché plus de bois et ce faisant, en intensifiant les travaux près des usines, donc des bois qu’on pourrait obtenir à promixité des usines », a-t-il conclu.