En devant propriétaire de 73 parcs solaires en Espagne, la Caisse de dépôt et placement du Québec met le pied pour la première fois dans un pays où elle a l’intention d’augmenter sa présence dans le secteur de l’énergie solaire et éolienne.

Hélène Baril Hélène Baril
La Presse

Il s’agit d’un investissement de « quelques centaines de millions de dollars » qui sera une plateforme pour augmenter la mise dans les énergies renouvelables en Espagne et dans les infrastructures en général en Europe, précise Emmanuel Jaclot, premier vice-président et chef des infrastructures de la Caisse.

« Ce sont des investissements intéressants pour nous, a-t-il expliqué lors d’un entretien avec La Presse. Il s’agit d’actifs sobres en carbone, qui nous permettront d’atteindre nos cibles environnementales. »

Les parcs solaires espagnols acquis par la Caisse produisent plus de 335 000 mégawattheures par an, soit assez pour alimenter 115 000 foyers en électricité. Ils étaient la propriété d’un fonds d’investissement spécialisé, Q-Energy, qui continuera de s’occuper de la gérance et de la maintenance des installations.

Il s’agit d’installations construites entre 2008 et 2010 qui peuvent produire et générer des revenus pendant encore 20 ans, a indiqué Emmanuel Jaclot.

La Caisse a investi beaucoup dans les énergies renouvelables ces dernières années, notamment aux États-Unis (Invenergy) et en Inde (Azur). L’énergie, toutes activités confondues, représente maintenant plus de la moitié du portefeuille d’infrastructures de la Caisse de dépôt, qui totalise quelque 30 milliards de dollars. En plus des énergies renouvelables, le secteur comprend les investissements dans les réseaux électriques, les gazoducs, les ports et les aéroports.

Si le secteur des énergies renouvelables résiste bien à la crise, les investissements dans le transport (dont les aéroports) « sont ceux qui souffrent le plus actuellement », indique le premier vice-président de la Caisse. « Mais on investit à long terme, et il ne faut pas changer notre fusil d’épaule à chaque crise », dit-il.

Nouvelles occasions

La crise actuelle apporte aussi de nouvelles occasions pour les investisseurs comme la Caisse de dépôt, selon Emmanuel Jaclot. « Les plans de relance des gouvernements donnent tous une grande place aux infrastructures, alors nous, on en profite », illustre-t-il.

Les infrastructures sociales sont nouvellement apparues dans le portefeuille d’infrastructures de la Caisse, qui a notamment investi dans le développement du réseau hospitalier en Australie et dans les maisons de retraite en Europe avec le Groupe Colisée.

Ce type d’activités, nouveau pour la Caisse, est intéressant parce qu’il permet une diversification, souligne Emmanuel Jaclot.

Jusqu’à maintenant, selon lui, le portefeuille d’infrastructures de la Caisse a montré « une bonne résilience » à la pandémie, qui n’a pas fini de bouleverser l’économie mondiale.

Après les six premiers mois de l’exercice en cours, la Caisse de dépôt affiche un rendement négatif de 2,3 %, alors que son portefeuille d’infrastructures fait un peu mieux, à - 1,0 %.

Dans le monde de l’investissement, les choses commencent à revenir à la normale, indique Emmanuel Jaclot. « Il y a encore beaucoup d’incertitude, mais dans le transactionnel, c’est revenu comme avant la crise. »

Portefeuille d’infrastructures de la Caisse :

27,8 milliards, ou 8,1 % de l’actif total de 333 milliards*
– Énergie : 50,9 %
– Industrie : 42,7 %
– Services aux collectivités : 6,4 %
*Au 30 juin 2020