(Montréal) Alors que bien des artisans du milieu culturel se retrouvent dans une situation encore plus précaire, en raison de la pandémie, trois grands syndicats qui les représentent viennent de fusionner. La grande association qui en résulte représente quelque 7000 techniciens du cinéma et de la télévision au Québec.

Lia Lévesque
La Presse Canadienne

Les artisans de l’AQTIS travaillent à la caméra, à la réalisation, au son, au montage, au maquillage, aux costumes, aux décors, à l’éclairage, aux effets spéciaux, dans des productions télévisuelles et cinématographiques du Québec et de l’étranger tournées ici, notamment pour les grands studios américains.

Le dernier vote vient d’être dévoilé : les trois syndicats ont voté avec une forte majorité en faveur de la fusion. L’AIEST 514 (Guilde internationale des techniciens) l’a approuvée dans une proportion de 82 %, l’AIEST 667 à 94 % et l’Alliance québécoise des techniciennes et techniciens de l’image et du son (AQTIS) à 83 %.

Le nouveau grand syndicat de 7000 artisans du cinéma et de la télé est affilié à la FTQ — la plus grande centrale syndicale au Québec, avec plus de 600 000 membres.

Pourquoi ?

En entrevue avec La Presse Canadienne jeudi, le premier président de la nouvelle association, Christian Lemay, s’est dit particulièrement fier de cette fusion. « C’est une très grande nouvelle d’avoir réussi à unifier les trois organisations et leurs membres autour d’une même mission. »

Pourquoi ce besoin de fusionner trois syndicats de l’industrie culturelle ? « Pour unir nos forces ; c’est la base de la philosophie syndicale », répond M. Lemay.

L’industrie a aussi été grandement affectée par la pause due à la pandémie de coronavirus. Plusieurs membres ont touché la PCU (Prestation canadienne d’urgence). Mais les productions ont recommencé progressivement en juin, note-t-il.

Mais l’industrie est aux prises avec des fonds restreints, ont déjà affirmé tant le syndicat que la partie patronale, l’Association québécoise de la production médiatique — qui représente les producteurs indépendants du cinéma, de la télé et du web.

Avec ce nouveau grand syndicat, M. Lemay compte travailler à la création d’emplois et à réduire la précarité de ses membres. « Ce sont des travailleurs pigistes, qui passent d’une production à l’autre », explique-t-il. Des tarifs de base sont négociés pour eux, mais ceux qui peuvent démontrer qu’ils méritent davantage peuvent négocier pour obtenir davantage.