(New York) Les prix du pétrole se sont timidement repris mardi, après un accès de faiblesse la veille, dans un marché attentif aux informations venant de Libye et à la demande d’or noir que d’éventuels nouveaux confinements pourraient sérieusement affecter.

Agence France-Presse

Le baril américain de WTI pour octobre a repris 0,74 % à 39,60 dollars par rapport à la clôture de lundi à 39,31 dollars (+29 cents).

Celui de Brent de la mer du Nord pour livraison en novembre a avancé de 0,67 % à 41,72 dollars contre 41,44 dollars lundi (+28 cents).

La veille, les deux cours de référence avaient perdu aux alentours de 4 %.

« Les discussions sur le retour de pétrole libyen semblent faire craindre une surabondance mondiale de pétrole alors que les attentes de la demande vacillent dans le contexte des nouvelles restrictions relatives au coronavirus au Royaume-Uni et en France », a résumé Phil Flynn de Price Future Group.

La Compagnie nationale libyenne de pétrole (NOC) a annoncé le week-end dernier la reprise de la production et des exportations d’or noir sur les sites qu’elle a qualifiés de « sûrs », au lendemain de l’annonce par l’homme fort de l’est de ce pays, Khalifa Haftar, de la levée d’un blocus de huit mois imposé par ses forces.

Pour Bart Melek de TD Securities, les acteurs sur les marchés doivent rester prudents dans leurs attentes vis-à-vis de la production libyenne, « car des infrastructures endommagées risquent de limiter les exportations pendant un certain temps, avec une augmentation en douceur de la production ».

« Le marché pétrolier devient de plus en plus nerveux », a constaté pour sa part Barbara Lambrecht, analyste de Commerzbank.

En cause, « la recrudescence des cas de COVID-19 en Europe, à même de réduire la demande de pétrole sur le continent » si de nouvelles mesures de confinement étaient mises en place, a estimé Avtar Sandu, de Phillip Futures.

Pour enrayer la montée d’une possible deuxième vague, près d’un million d’habitants de Madrid et de ses environs sont par exemple de nouveau soumis, depuis lundi et pour une durée de deux semaines, à de sévères restrictions dans leurs déplacements.

« Les mesures mises en place pour endiguer la pandémie de coronavirus ont un impact direct et important sur la demande de pétrole », a rappelé Mme Lambrecht, et pèsent sur les cours.

Les barils de Brent et de WTI se négociaient toutefois toujours au-dessus de leurs prix de lundi dernier, puisqu’ils ont respectivement engrangé plus de 8 % et 10 % la semaine dernière.