Le confinement du printemps a accéléré la concrétisation d’un projet de Ralph François. Le président de la firme de recrutement Nuagem a eu plus de temps pour penser et mettre sur pied une plateforme pour embaucher des consultants en technologie de l’information.

Isabelle Massé
Isabelle Massé La Presse

Baptisée Reelcruit, la plateforme permet aux employeurs de mettre la main sur un candidat à un taux fixe de 10 $ de l’heure. Elle sera lancée le 4 septembre. « Mais nous voulons enregistrer le plus d’utilisateurs possible pendant les jours qui s’en viennent », dit Ralph François.

Le recruteur vise ainsi un marché où l’on embauche de plus en plus de pigistes. « Souvent, les consultants en TI peuvent majorer leur taux et se sentent plus libres ainsi, explique Ralph François. Ils ont une attitude d’électron libre. »

Alors que la norme pour de telles embauches est de 15 à 20 $ l’heure travaillée, Reelcruit se lance avec un tarif plus bas et fixe. « J’ai consulté les firmes de ressources humaines, explique le président. Elles cherchent une plateforme beaucoup plus transparente. Par rapport aux marges, notamment. De leur côté, les consultants cherchaient à voir tous les projets disponibles pour lesquels il y a un bon fit, afin de pouvoir choisir aussi. » Il sera d’ailleurs possible de réserver des entrevues au moyen de la plateforme.

Un taux fixe permettrait une meilleure gestion des budgets des entreprises qui passent par la plateforme pour embaucher. « Grâce à Reelcruit, elles pourront avoir un budget prévisionnel, bien le planifier », explique Ralph François.

La transparence est le cœur de ce qu’on veut pour la prochaine génération. On pourra voir en temps réel ce que ça coûte. Un lien restera toujours après l’embauche. La plateforme gérera le tout automatiquement.

Ralph François, président de la firme de recrutement Nuagem

« Retrouver le côté humain »

Ralph François, qui a fondé Nuagem en 2014, voit Reelcruit amener plus de revenus au moulin, même si son entreprise est dans le recrutement dans divers secteurs (marketing, finance, comptabilité…). « La réalité est que le recrutement normal peut prendre trois semaines, alors que pour des mandats, c’est généralement de 24 à 48 heures », analyse Ralph François.

Jusqu’à présent, 53 000 $ ont été investis dans la plateforme. À l’automne, l’entrepreneur souhaite injecter 300 000 $ grâce à l’appui d’investisseurs. Il espère alors embaucher de cinq à sept personnes en développement et en service à la clientèle.

Même s’il évolue et lance sa plateforme dans un marché hyper compétitif, Ralph François n’a pas perdu la flamme du recrutement après 20 ans de métier. Après avoir travaillé dans de grandes firmes, il se réjouit de diriger une entreprise à dimension plus humaine. « Quand j’ai créé Nuagem, j’arrivais d’une firme où je sentais que c’était trop business. Je cherchais à retrouver le côté humain, à bien connaître nos candidats et garder le contact avec eux. »

Dans le contexte des dernières semaines où l’on parle beaucoup d’égalité des chances entre femmes et hommes, entre candidats blancs et noirs, Ralph François aborde en entrevue l’importance de s’attarder aux compétences, pour arriver aux choix les plus justes et adéquats. « Il n’y a pas de couleurs chez nous, affirme-t-il. J’ai une équipe de tous les horizons. Mais mon rôle est avant tout de continuer de présenter des gens qualifiés. Le rôle de l’entreprise est de regarder les C.V. en toute objectivité. L’idée est d’évaluer les compétences à égalité, de ne voir ni couleur ni prénom. »