Comme une balle rebondissante, la Bourse est remontée à son sommet à la vitesse grand V.

Stéphanie Grammond
Stéphanie Grammond La Presse

Mesdames et messieurs les investisseurs, vous venez d’assister au marché baissier le plus court de l’histoire. Malgré le choc économique inédit, l’indice S&P 500 de la Bourse américaine a dépassé, mardi, son sommet de février dernier, effaçant ainsi toutes les pertes causées par la COVID-19.

C’est quand même incroyable, quand on sait que le taux de chômage de par le monde est presque aussi élevé que lors de la Grande Dépression. Mais les marchés nagent dans le fric que les gouvernements ont injecté pour relancer le système.

Alors vogue la galère à la Bourse.

Les fameux GAFAM (Google, Amazon, Facebook, Apple et Microsoft) sont la locomotive de la remontée éclair, chauffés par l’essor du télétravail, du commerce en ligne et du divertissement les deux pieds sur le pouf.

Cette semaine, Apple a même été la première entreprise américaine à atteindre une valeur boursière de 2000 milliards US. Imaginez : il aura fallu 42 ans au fabricant du iPhone pour passer le cap des 1000 milliards, mais à peine 21 semaines pour doubler cette valeur.

Avec ce genre de croissance exponentielle, les investisseurs ont de quoi être sur leurs gardes. Voyant la Bourse à un sommet, comment devraient-ils réagir ?

Descendre des montagnes russes

Jetons d’abord un coup d’œil dans le rétroviseur.

En mars dernier, bien des investisseurs ont eu des sueurs froides quand la Bourse a flanché. La pandémie a fait grimper le stress de 47 % des investisseurs, selon un sondage Léger diffusé par la Commission des valeurs mobilières de l’Ontario, jeudi.

Si la majorité des épargnants (85 %) ont résisté à la tentation de vendre, il y a quand même 7 % d’entre eux qui ont liquidé plus de 20 % de leur portefeuille. Mauvais réflexe ! On ne saute pas des montagnes russes quand le manège plonge dans le vide. On descend à la fin du tour, en toute sécurité.

Maintenant que la Bourse a récupéré ses pertes, les investisseurs qui avaient mal au cœur en mars dernier devraient donc reconsidérer leur niveau de tolérance au risque.

Si vous n’êtes pas fait pour les émotions fortes, c’est le temps de vendre vos actions. Avec la rentrée qui approche, le moment est parfait pour passer un coup de fil à votre conseiller financier et revoir votre portefeuille.

Durant la pandémie, seulement la moitié des investisseurs (47 %) ont eu une conversation avec leur conseiller, selon le même sondage. Pas fort. À quoi bon payer des frais si on n’a pas de service ?

L’heure d’un rééquilibrage

Revenons maintenant aux marchés financiers.

Si vous voulez faire des profits, pourquoi ne pas réduire la portion en actions américaines de votre portefeuille ? « Les risques de correction sont élevés », signale BCA Research.

Les titres de technologie qui sont gonflés à l’hélium pèsent beaucoup moins lourd à la Bourse canadienne, ce qui explique que l’indice S&P/TSX reste environ 8 % en dessous de son sommet historique de février dernier.

Vous pourriez aussi réinvestir outre-mer. Les marchés étrangers pourraient notamment profiter de la performance des sociétés financières et des actions de type « valeur » qui ont été complètement éclipsées par les titres de « croissance » avec l’envolée de la technologie.

Revenir vers les obligations pour aller chercher plus de sécurité ? C’est un pensez-y-bien, car leur rendement risque d’être très faible ces prochaines années, au grand dam des retraités qui vivent de leurs intérêts.

Le charme retrouvé du coussin de sécurité

Évidemment, il faut garder une partie de vos économies en lieu sûr, à portée de la main. La crise de la COVID-19 a fait ressortir l’importance d’avoir un coussin de sécurité de trois à six mois de salaire pour parer aux imprévus.

Reste à savoir où placer ce fonds d’urgence pour éviter que votre pouvoir d’achat se fasse gruger par l’inflation… Dans les grandes banques, les comptes d’épargne ne rapportent plus rien. Mais en vous tournant vers l’internet, vous pouvez dénicher un compte à intérêts élevés plus avantageux.

Depuis mars, la filiale de la Banque Laurentienne BLC Numérique offre ses services aux résidants du Québec. Malgré une baisse récente, le taux de son compte d’épargne figure parmi les plus concurrentiels au pays, à 1,65 %.

Sinon, les épargnants peuvent se tourner vers les filiales web des coopératives financières du Manitoba, où leurs économies seront protégées par la société d’assurance-dépôts de la province. En ce moment, Maxa Financial affiche 1,8 %, tandis qu’AcceleRate Financial, Achieva Financial et Outlook Financial sont à 1,5 %.

De son côté, Peoples Trust offre un taux de 1,75 %. La firme de Vancouver est couverte par la Société d’assurance-dépôts du Canada.