Six mois à peine après avoir doublé sa participation dans le Cirque du Soleil, la Caisse de dépôt et placement du Québec a radié la totalité de la valeur de son investissement, soit 228 millions en dollars canadiens.

André Dubuc
André Dubuc La Presse

« C’est une entreprise qui est complètement fermée et qui le sera dans un avenir prolongé, a dit Charles Emond en conférence de presse téléphonique avec les médias, au sujet de la société cofondée par Guy Laliberté. Les 170 millions US qui avaient été investis dans le Cirque [ont été] radiés de nos livres à 100 % », a-t-il précisé.

Plus tard dans la conférence de presse, M. Emond a énoncé les conditions gagnantes pour la survie du Cirque à savoir qu’un exploitant stratégique capable de le réinventer devait figurer dans l’actionnariat. La seconde condition est la nécessité de réduire la dette. Le Cirque « n’est pas le meilleur candidat pour vivre avec un levier élevé », a-t-il souligné. La Caisse continue de suivre le processus de vente.

Le Cirque a déposé une demande de protection contre ses créanciers le 30 juin au Canada et peu de temps après aux États-Unis, énumérant des dettes envers des créanciers garantis d’environ 1,1 milliard US.

Les prêteurs de premier rang dont Catalyst Capital Group ont présenté une offre-paravent, qui agit comme offre initiale et minimale pour l’acquisition des actifs de l’entreprise en difficulté.

Les acheteurs intéressés ont jusqu’au 18 août pour soumettre des offres qui dépassent ce que les créanciers proposent. Le processus de vente devant se terminer d’ici la fin du mois.

Rachat des actions de Guy Laliberté en février dernier

La Caisse avait augmenté sa participation de 10 à 20 % dans l’entreprise de divertissement en février dernier en rachetant les dernières participations de Guy Laliberté quelques jours avant l’annulation des 44 spectacles déployés sur la planète. Le prix payé n’a jamais été divulgué. La transaction Caisse-Guy Laliberté s’était négociée avant la pandémie.

Robert Pouliot, cofondateur de la Coalition pour la protection des investisseurs et expert en gouvernance d’entreprise, a critiqué publiquement cette transaction, ne comprenant pas comment la Caisse avait pu accepter de payer le plein prix, quelques semaines à peine avant l’effondrement du Cirque.

À la conclusion de la transaction avec M. Laliberté en février dernier, la COVID avait pourtant commencé ses dégâts. Le Cirque du Soleil avait annulé tous ses spectacles en Chine en raison d’un « nouveau coronavirus » le 23 janvier 2020.

En compagnie du Fonds de solidarité FTQ, la Caisse avait aussi octroyé une facilité de crédit non garantie de 120 millions US au Cirque en février 2019.

L’institution était entrée au capital-actions du Cirque en 2015.