(Washington) Le rappeur américain Kanye West, milliardaire depuis peu, fait partie des bénéficiaires des prêts du gouvernement américain mis en place pour aider les petites et moyennes entreprises à traverser la crise de la COVID-19, rapportent mardi des médias américains.

Agence France-Presse

Kanye West, qui a annoncé samedi sa candidature à l’élection présidentielle américaine de novembre, a bénéficié de ces fonds pour sa marque de baskets, Yeezy, développée avec Adidas.

Autre bénéficiaire au compte en banque bien rempli, le plasticien américain Jeff Koons, l’un des artistes les plus cotés au monde.  

Sa sculpture « Rabbit » avait été adjugée pour 91,1 millions de dollars (80,7 m EUR au cours actuel) en 2019, établissant le record absolu d’enchères pour un artiste vivant.

Des fonds d’investissement, des chaînes de restaurants, des élus américains, mais aussi la puissante Église de scientologie, figurent également parmi les bénéficiaires, détaille CNBC.

Le mari de la cheffe des démocrates au Congrès américain Nancy Pelosi, a lui aussi pu bénéficier d’un prêt pour l’entreprise qu’il codétient, selon plusieurs médias dont le Washington Post.

« Même s’ils peuvent effectivement affirmer qu’ils répondent aux critères (d’obtention d’un prêt), accepter l’argent viole clairement l’esprit de la loi et semble simplement avide et injuste », a déploré sur CNBC Neil Barofsky, qui a géré le programme public ayant aidé les banques américaines à se délester de leurs actifs douteux au lendemain de la crise de 2007-2008.

Ces prêts du gouvernement devaient en effet aider les petites et moyennes entreprises, qui n’ont pas la possibilité de trouver d’autre source de financement, à survivre à cette crise sans précédent, et les aider à continuer de payer leurs salariés au lieu de les licencier.

Parmi les secteurs qui en ont le plus bénéficié, la santé et les soins, la construction, le secteur manufacturier, mais aussi l’hébergement et la restauration, selon des données du Trésor américain.

Le Trésor avait annoncé lundi que plus de 4,8 millions de prêts avaient été accordés, pour un montant total un peu supérieur à 521,4 milliards de dollars.

Ces prêts se transforment en subvention si la somme allouée a effectivement été utilisée pour payer les salaires au lieu de licencier.

Le Paycheck Protection Program (PPP) avait été mis en place dans le cadre du gigantesque plan de relance de l’économie américaine.  

Le Congrès et l’administration Trump ont débloqué 849 milliards de dollars en deux tranches : les 350 milliards de dollars initiaux ont été rapidement dépensés, et près de 132 milliards de la seconde tranche sont encore disponibles.