Hydro-Québec veut aider les entreprises du Québec à passer à travers la crise, mais la société d’État n’a pas l’intention d’effacer les factures d’électricité de celles qui seraient incapables de payer.

Hélène Baril Hélène Baril
La Presse

« On aide tous nos clients, on suspend et on étale les paiements, mais on n’est pas dans une logique d’effacer des dettes », a fait savoir la présidente-directrice générale de la société d’État, Sophie Brochu, qui était l’invitée de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

La COVID-19 a le dos large et des entreprises pourraient en profiter pour réclamer plus d’aide, mais certaines étaient déjà en difficulté avant la crise, a-t-elle noté.

Il y a des gens qui vont faire faillite et il faut s’assurer qu’on [soutient] les entreprises qui ont des chances de s’en sortir.

Sophie Brochu

Hydro s’attend à perdre « plusieurs centaines de millions de dollars » cette année à cause des faillites, de la paralysie des secteurs commercial et industriel et de la chute du prix et du volume de ses exportations aux États-Unis.

Son manque à gagner atteint déjà 130 millions du début de la crise, en mars, jusqu’à aujourd’hui.

« Ça fesse fort », a dit Mme Brochu. L’impact exact pour l’organisation se précisera à l’automne, mais il est déjà certain qu’Hydro-Québec ne livrera pas le bénéfice net de 2,9 milliards attendu par le gouvernement.

Pas de surplus

La nouvelle PDG d’Hydro-Québec, dont c’était la première apparition publique depuis sa nomination le 6 avril dernier, a affirmé qu’on ne l’entendrait pas parler de surplus d’électricité, même si l’offre de la société d’État est de beaucoup supérieure à la demande.

PHOTO IVANOH DEMERS, ARCHIVES LA PRESSE

Sophie Brochu, présidente-directrice générale d’Hydro-Québec

Des surplus, ça fait penser à quelque chose qui ne vaut rien, à des restes de table. Moi, je pense que c’est plutôt un repas qui n’a pas encore été servi.

Sophie Brochu

Ce repas, Hydro-Québec croit toujours pouvoir le servir à la Ville de New York, mais même si la volonté est là du côté américain, la pandémie complique les choses, a indiqué Sophie Brochu.

« La Ville de New York a beaucoup à faire actuellement pour gérer la crise de santé publique et les tensions sociales, a-t-elle expliqué. Et on ne peut pas se déplacer pour aller les rencontrer. »

De même, la PDG aurait aimé se rendre dans le Maine pour soutenir le projet de ligne de transport qui doit permettre d’acheminer l’électricité du Québec vers le Massachusetts et qui est très contesté. « J’aurais été là le 7 avril [le lendemain de sa nomination] si j’avais pu », a-t-elle dit.

Par ailleurs, Sophie Brochu s’engage à améliorer la diversité culturelle au sein d’Hydro-Québec, qui compte seulement 8,2 % d’employés issus des minorités ethniques. « Il va falloir se donner une cible si elle n’existe pas et se donner des mesures pour faire en sorte d’arriver là où on veut aller », a-t-elle dit.

Dès son entrée en fonction, la nouvelle PDG a augmenté le nombre de femmes à la haute direction de son entreprise, mais la table demeure « très blanche », a-t-elle reconnu.