Le remplacement d’Alain Bellemare par Éric Martel à la direction de Bombardier a été relativement bien accueilli par les analystes financiers, même s’il n’a pas empêché le titre de s’effondrer de près de 23 %.

Jean-François Codère Jean-François Codère
La Presse

L’action de Bombardier a terminé la journée de jeudi à 0,64 $, en baisse de 22,9 %, à la Bourse de Toronto.

Trois analystes ont publié jeudi des avis d’un enthousiasme modéré relativement à l’arrivée de M. Martel.

« Bien que nous estimions que M. Bellemare a fait un travail décent avec son plan de restructuration compte tenu des défis significatifs auxquels était confrontée l’entreprise au moment de son arrivée en février 2015, nous croyons que les investisseurs vont bien accueillir ce renouveau à la direction à la lumière de la performance récente de l’action », a écrit Benoit Poirier, de Desjardins.

Compte tenu des raisons qui ont mené à l’embauche de M. Bellemare et de l’évolution de l’entreprise au cours des deux dernières années, « il n’est pas complètement surprenant que Bombardier ait décidé d’embaucher un nouveau président ayant de l’expérience dans le domaine de l’aviation d’affaires », estime pour sa part Tim James, de TD Securities.

Lui non plus ne se fait pas pour autant critique du travail de M. Bellemare.

« Même si nous ne croyons pas que les investisseurs avaient prévu au début de la transformation que l’entreprise se retrouverait concentrée uniquement dans l’aviation d’affaires, nous comprenons que les événements extérieurs n’ont pas tourné comme prévu, ce qui a présumément influencé les décisions nécessaires afin d’emmener l’entreprise en territoire profitable, avec un solide bilan financier. »

Une « tâche importante »

Walter Spracklin, de RBC, évoque certains problèmes d’exécution et la performance du prix de l’action pour justifier le départ de M. Bellemare.

« M. Martel a certainement une tâche importante devant lui et nous évaluerons la direction que prendra l’entreprise sous sa direction. »

Pour Mehran Ebrahimi, professeur à l’UQAM et directeur de l’Observatoire international de l’aéronautique et de l’aviation civile, la situation dans laquelle arrive M. Martel est en fait nettement meilleure que celle qui a accueilli son prédécesseur.

« La dette a beaucoup diminué, les activités problématiques comme la C Series et les déboires du ferroviaire ne sont plus de ses affaires et il a des produits qui se portent bien, comme le Global 7500. »