L’impact de la COVID-19 sur les voyages devrait favoriser les ventes de piscines, selon les détaillants.

Isabelle Dubé Isabelle Dubé
La Presse

Avec Ottawa qui recommande d’éviter les voyages en croisière et dans les pays à risque, le gouvernement Legault qui incite les employés de la santé à ne pas voyager, un grand nombre de Québécois décideront cet été de rester au Québec, voire dans leur cour. L’Association des commerçants de piscines du Québec (ACPQ) prévoit d’ailleurs une hausse des ventes.

« C’est sûr que ça va faire augmenter les ventes, affirme sans hésiter Ludovic Archambault, directeur de l’Association des commerçants de piscines du Québec. La situation avec le coronavirus est triste. Les gens vont peut-être avoir peur de quitter le Québec, ils vont rester à la maison et faire du cocooning. »

Les piscinistes que La Presse a joints ont toutefois tenu à être clairs : ils ne profiteront pas de l’épidémie pour faire la promotion de belles vacances 2020 dans des piscines à l’abri de la COVID-19.

Ludovic Archambault, qui est aussi propriétaire de Piscines Gratton, à Repentigny, observe déjà depuis 10 ans une compétition entre les détaillants de piscines et l’industrie du voyage.

« Si le printemps ou la fin de l’hiver sont désastreux au chapitre de la température, les gens vont se réserver un voyage assez rapidement pour aller se chercher de la chaleur ailleurs », explique-t-il.

C’est de la grosse compétition [avec les voyages]. Les gens ont des dollars loisirs et ils vont les dépenser.

Ludovic Archambault, directeur de l’Association des commerçants de piscines du Québec

Chez Trévi, les voyages ont toujours été un compétiteur naturel, soutient le directeur du marketing Alain Gravel. « Même si on ne fera jamais de publicité dans le sens “acheter une piscine plutôt qu’un voyage”. » Lors des deux derniers comités de l’entreprise, il a été question de l’éventualité d’employés malades à cause de la COVID-19, mais aussi des voyages qui sont de moins en moins populaires.

« Je ne peux pas dire, par contre, qu’on ressent un impact en ce moment, poursuit M. Gravel. On va voir ce qui va se passer dans les prochaines semaines. »

Le propriétaire de Piscines René Pitre, à Châteauguay, croit aussi que la situation actuelle pourrait faire augmenter les ventes de piscines. D’autant que la valeur du dollar canadien est en baisse par rapport au dollar américain. 

« C’est sûr que quand l’argent américain est élevé en plus, les gens restent ici », observe-t-il.

Une industrie tributaire de la météo

C’est bien connu, certains événements ont une incidence sur les ventes de piscines. Qu’on pense à la canicule de 2018, par exemple, qui les avait fait grimper de 15 %. En 2008, malgré la pluie et l’absence de canicule, c’est l’explosion du prix de l’essence qui avait incité les Québécois à rester chez eux et à se faire installer une piscine. L’Association des commerçants de piscines du Québec avait noté une hausse de 15 à 20 % des ventes.

Tous les piscinistes et les détaillants s’entendent pour dire que peu importe les événements, un printemps hâtif, des mois d’avril et mai chauds, garantissent une bonne saison.

Le président de Club Piscine, Martin Rathé, constate déjà une hausse des ventes pour 2020 attribuable, selon lui, à la température clémente des deux derniers week-ends.

« C’est la température qui est notre meilleur vendeur, dit-il en entrevue avec La Presse. On a eu deux beaux week-ends, les magasins se remplissent. Mettez à l’inverse des week-ends avec de la pluie, il n’y a personne dans nos magasins. »