Hopper compensera dorénavant les émissions de CO2 des billets d’avion qu’elle vend. L’entreprise montréalaise prévoit ainsi de planter environ 6 millions d’arbres en 2020.

Vincent Brousseau-Pouliot
Vincent Brousseau-Pouliot La Presse

Hopper, qui vend des billets d’avion par l’entremise d’une application mobile téléchargée par 45 millions de personnes à travers le monde, n’imposera pas de frais supplémentaires à ses clients pour les crédits carbone. « Nous avons pris la décision de le faire à même les revenus et les profits éventuels de l’entreprise », dit Frédéric Lalonde, PDG de Hopper.

L’entreprise rejoint ainsi les compagnies aériennes Air France (pour les vols intérieurs en France), EasyJet et JetBlue (en juillet prochain), qui ont aussi choisi de compenser automatiquement les émissions de CO2 de leurs vols par des crédits carbone. La grande majorité des compagnies aériennes offrent le choix à leurs clients de compenser ou non l’empreinte environnementale de leur vol. 

« Cette année, le niveau de CO2 [dans l’atmosphère] a atteint 415 PPM, dit Frédéric Lalonde. La dernière fois qu’il y a eu cette quantité de CO2, c’était il y a de 3 à 5 millions d’années, il n’y avait pas d’humains sur la Terre. Normalement, ça devrait être autour de 200 PPM. Oublions toutes les projections pour baisser les émissions [à l’avenir] : il faut faire quelque chose immédiatement pour remplacer les dégâts [actuels]. Il y a deux forces d’action majeures : les gouvernements doivent prendre des actions et que les profits corporatifs soient mis à contribution. »

Effet à long terme

Hopper s’est associée à l’organisme Eden Reforestation Projects, qui plante des arbres au Népal, à Madagascar, en Indonésie, au Mozambique, au Kenya et en Haïti. Hopper calcule que l’empreinte carbone d’un billet d’avion varie entre un et quatre arbres, selon le vol. En plus de compenser automatiquement l’empreinte carbone, l’application offrira la possibilité au client de surcompenser les émissions de son vol. « On se posait la question depuis un an : qu’est-ce qu’on peut faire qui est réellement efficace et qui va avoir un effet à long terme ? Planter des arbres, c’est à peu près la seule chose qui peut avoir un impact garanti, mais il faut le faire de la bonne façon », précise Frédéric Lalonde.

L’aviation représente environ 2 % des émissions mondiales de CO2, selon l’Organisation de l’aviation civile internationale, et Hopper en profite pour inviter ses concurrents comme Booking.com, Expedia et les autres à emboîter le pas.