Est-ce que les voitures du futur tramway de Québec seront construites par Bombardier Transport à l’usine de La Pocatière ? Le maire de l’endroit, Sylvain Hudon, le souhaite ardemment.

André Dubuc André Dubuc
La Presse

« On a travaillé très fort pour se battre pour un minimum de 25 % dans le contenu local, a-t-il confié à La Presse en fin de journée lundi. J’espère qu’avec l’usine de La Pocatière, les gens de Bombardier vont être capables de présenter une soumission. »

Lundi, le gouvernement fédéral est venu confirmer un financement de 1,2 milliard de dollars pour la construction d’un service de tramway évalué à 3,3 milliards et qui devrait rouler en 2026.

La loi 26 concernant le Réseau structurant de transport en commun de la Ville de Québec, adopté en juin dernier, stipule que des travaux équivalant à 25 % de la valeur du contrat doivent être confiés en sous-traitance au Canada.

Cela constitue un changement par rapport au contrat relatif aux voitures du Réseau express métropolitain (REM), pour lesquelles la Caisse de dépôt n’avait pas exigé de seuil minimal de contenu local. Elles sont construites en Inde.

Idem pour VIA Rail, qui a confié le renouvellement de son parc roulant dans le corridor Québec-Windsor à Siemens, qui fera assembler les trains en Californie. La société de la Couronne se disait contrainte de n’exiger aucun contenu local en raison de la loi.

Suffisant ?

Mais un contenu local de 25 %, est-ce suffisant pour permettre à La Pocatière de rafler la mise ? « Je suis un éternel optimiste, répond le maire Hudon. En tout cas, c’est mieux que rien, 25 %. Avec le REM, on s’est fait passer un sapin. Un dollar investi au Québec rapporte plus qu’un dollar investi en Inde. »

L’attribution du contrat des voitures de tramway constituerait à n’en pas douter un baume pour les travailleurs de La Pocatière. En juillet, environ 410 personnes travaillaient à l’usine du Bas-Saint-Laurent. On en comptait plus de 1400 au début des années 2000.

Cette année, deux vagues de licenciements ont retranché 172 personnes à l’effectif. La dernière en date entrera en vigueur en septembre à la suite de l’achèvement des contrats liés au métro de New York et des trains légers sur rail de Toronto et d’Edmonton.

Le prochain contrat d’importance décollera au début de 2020. Il s’agit de la livraison de 153 voitures Azur pour le métro de Montréal.

— Avec La Presse canadienne