Les éoliennes sont-elles de mauvais voisins qui font diminuer la valeur des maisons ? C'est la question que doit trancher la Cour supérieure qui entendra, dans quelques jours, une première action collective de la part de citoyens qui n'ont jamais accepté le parc éolien construit chez eux à la suite d'un appel d'offres d'Hydro-Québec.

HÉLÈNE BARIL
HÉLÈNE BARIL LA PRESSE

Le parc éolien de l'Érable, dans le Centre-du-Québec, fournit de l'électricité à Hydro-Québec depuis novembre 2013 en vertu d'un contrat de 20 ans. Son promoteur, Enerfin, fait face depuis le début des travaux de construction, en 2011, à l'opposition d'un groupe de résidants de Saint-Ferdinand, Sainte-Sophie-d'Halifax et Saint-Pierre-Baptiste, dans la MRC de l'Érable.

Les résidants se sont d'abord plaints du camionnage intensif, du bruit et de la poussière pendant la période de construction, puis du bruit des 50 éoliennes qui tournent en permanence au-dessus de leurs têtes.

Leur demande d'action collective a été acceptée en 2014 et, plus de quatre ans plus tard, le procès débute le 4 février au palais de justice de Victoriaville.

Au nom du groupe de citoyens, les requérants Jean Rivard et Yvon Bourque plaideront devant le tribunal que la présence permanente d'éoliennes constitue « un trouble de voisinage » qui a causé une forte dévaluation de leurs propriétés dont le promoteur doit être tenu responsable. La cour devra décider si des dommages ont été subis par les résidants et, si oui, à combien ces dommages peuvent être estimés.

Une première

C'est la première fois au Québec qu'un promoteur éolien se retrouve devant la justice pour se défendre d'une action collective. La cause sera suivie avec intérêt puisque deux autres propriétaires de parcs éoliens en activité au Québec - Invenergy et le parc des Moulins, à Thetford Mines, de même que Boralex et le parc de la Seigneurie de Beaupré - font aussi face à des actions collectives.

Enerfin, le promoteur visé par la première des actions, n'a pas voulu commenter l'affaire. Enerfin est une société en commandite dont les commanditaires sont l'entreprise espagnole Enerfin et Club Eolectric, une entreprise québécoise. 

Le parc éolien de l'Érable est issu du deuxième appel d'offres d'Hydro-Québec pour l'achat de 2000 mégawatts d'énergie éolienne.

Au total, Hydro-Québec a lancé quatre appels d'offres entre 2003 et 2013 et a signé des contrats à long terme de quelque 4000 mégawatts d'énergie éolienne avec des promoteurs privés.

Cet approvisionnement en énergie éolienne est souvent contesté parce qu'il s'ajoute aux surplus d'électricité d'Hydro-Québec. Selon la vérificatrice générale, l'énergie éolienne a coûté 2,5 milliards aux clients de la société d'État.