Hydro-Québec a dépensé 15 millions pour faire la relève manuelle des compteurs non communicants, alors que les frais imposés aux clients ont généré des revenus de 13 millions.

Hélène Baril
Hélène Baril La Presse

Depuis quatre ans, l’opération est déficitaire et le manque à gagner de la société d’État s’élève à 2 millions, selon les chiffres obtenus par la loi d’accès à l’information.

Hydro-Québec aurait voulu imposer des frais plus élevés pour envoyer des employés relever les compteurs de ses clients qui ont refusé les compteurs communicants, mais la Régie de l’énergie a réduit considérablement son appétit.

Les clients qui refusent les nouveaux compteurs doivent débourser 85 $ pour l’installation d’un compteur non communicant et payer par la suite 2,50 $ pour la relève manuelle.

Au départ, Hydro réclamait des frais de relève de 17 $ par mois, que la Régie de l’énergie a réduits à 8 $, puis à 5 $. Depuis avril 2018, les frais de relève sont fixés à 2,50 $ par mois.

Les chiffres obtenus par La Presse couvrent la période 2015-2018. Ils concernent 67 673 compteurs non communicants, sur un nombre total de près de 4 millions.

Selon un porte-parole d’Hydro-Québec, les chiffres varient annuellement en fonction du nombre d’installations de compteurs non communicants faites dans l’année.

« Les coûts ont varié au cours des ans, mais l’objectif, c’est que les frais couvrent les coûts de relève », précise Cendrix Bouchard, porte-parole de la société d’État.

Depuis le début de la facturation de la relève, toutefois, les coûts sont supérieurs aux revenus.

Hydro-Québec a entrepris de remplacer ses 3,8 millions de compteurs en 2014, un investissement estimé à 1 milliard qui devait lui permettre d’économiser 80 millions par année. Le plus grand nombre d’installations a eu lieu en 2015.

Le déploiement est à peu près terminé. L’opération a suscité une controverse sur les effets sur la santé des ondes émises par les nouveaux compteurs, ce qui a forcé Hydro-Québec à offrir une solution de rechange à ses clients qui n’en voulaient pas chez eux.

La société d’État a aussi dû remplacer plus de 100 000 compteurs nouvellement installés en raison d’une défectuosité dans leur fonctionnement. Les compteurs défectueux ont été fabriqués par Landis+Gyr, une entreprise établie en Suisse qui a fourni à Hydro-Québec 80 % des 4 millions de compteurs de nouvelle génération.

— Avec William Leclerc, La Presse