Le cabinet d’expertise comptable qui enquête sur la fin inopportune de la plateforme de transactions de cryptomonnaie QuadrigaCX au Canada accuse le fondateur de la société d’avoir transféré les fonds des clients sur ses comptes personnels, où ils étaient utilisés pour des opérations sur marge à risque élevé.

La Presse canadienne

L’allégation contenue dans un rapport d’Ernst and Young met en lumière plusieurs pratiques commerciales douteuses qui ont précédé la fermeture de QuadrigaCX, en janvier.

À l’époque, elle devait à ses créanciers plus de 200 millions en numéraire et en actifs numériques.

Ernst and Young a indiqué que le chef de la direction Gerald Cotten, décédé lors d’un voyage en Inde en décembre, avait également transféré « d’importants volumes » de cryptomonnaies de ses clients vers d’autres plateformes boursières, où elle était utilisée comme garantie pour des achats sur marge.

Le rapport confirme que la société virtuelle établie à Vancouver était « considérablement défaillante » au niveau de ses rapports financiers et ses activités, principalement parce que M. Cotten dirigeait seul toute l’entreprise depuis son domicile de Fall River, en Nouvelle-Écosse.

En conséquence, Ernst and Young a déclaré que la « séparation des tâches et les contrôles internes de base » ne semblaient pas exister, qu’il n’y avait pas de registres comptables ni de séparation entre les fonds de la société et ceux de la clientèle.

« Les fonds reçus de Quadriga et détenus par celui-ci au nom des utilisateurs semblent avoir été utilisés par Quadriga à des fins autres que le financement des retraits d’utilisateurs », indique le rapport.

Plus important encore, le cabinet comptable a expliqué qu’après plusieurs mois d’enquête, il n’avait pas été en mesure de trouver les mots de passe de sécurité permettant d’accéder aux stocks de trésorerie et de cryptomonnaies de QuadrigaCX, car ces mots de passe étaient détenus par M. Cotten.

« Quadriga n’a pas réussi à mettre en place des procédures de sauvegarde adéquates pour transférer les mots de passe et autres données opérationnelles critiques à d’autres représentants de Quadriga si un événement critique devait se produire, tel que le décès de membres clés du personnel de direction », indique le rapport.