Le président désigné des États-Unis s'est immiscé dans les affaires étrangères avant même d'entrer en poste, affirmant que la décision du Royaume-Uni de quitter l'Union européenne finirait par «être une bonne chose» et prédisant que l'association continentale continuerait de se désintégrer.

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Dans une entrevue publiée dimanche par deux journaux européens, Donald Trump estime que les pays de l'Union européenne (UE) réagissent à l'afflux de migrants qui menace selon lui l'identité de chaque nation.

«Les gens, les pays veulent leur propre identité et le Royaume-Uni voulait sa propre identité», a-t-il dit, selon les propos rapportés par le journal dominical britannique The Sunday Times et le quotidien allemand Bild.

«Je crois que d'autres partiront», a-t-il poursuivi. «Je crois que maintenir (les pays de l'UE) ensemble ne sera pas aussi facile que plusieurs personnes le pensent. Et je pense ceci: si les réfugiés continuent d'affluer dans différentes régions d'Europe (...) je crois que ce sera très difficile de maintenir (les pays) ensemble, parce que les gens sont en colère contre cela.»

Ces commentaires font écho à la rhétorique de la campagne présidentielle de M. Trump. Il a rallié une grande partie des électeurs de la classe moyenne blanche en dénonçant l'immigration illégale et en promettant de construire un mur à la frontière avec le Mexique.

Le président désigné s'est dit indifférent quant à l'avenir de l'UE, marquant sa divergence d'opinion avec le président sortant Barack Obama, qui avait encouragé le Royaume-Uni à rester au sein de l'union l'an dernier. Le vote sur le Brexit a créé une onde d'instabilité en Europe et suscité des appels à des référendums similaires en France, en Suède et aux Pays-Bas.

Dans la même entrevue, Donald Trump critique les politiques d'immigration d'Angela Merkel. Tout en disant éprouver «un grand respect» pour la chancelière allemande, M. Trump estime qu'elle a fait une «erreur catastrophique» en accueillant autant de migrants et de réfugiés en Allemagne. Selon lui, l'attaque dans un marché de Noël allemand en décembre est l'une des conséquences des politiques de Mme Merkel.

Le président désigné a aussi estimé que l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN) était «obsolète parce qu'elle ne s'occupe pas du terrorisme», tout en affirmant que les pays membres de l'alliance militaire ne payaient pas leur «juste part».

«Plusieurs de ces pays ne paient pas ce qu'ils sont supposés payer, ce qui, je crois, est injuste pour les États-Unis», a-t-il affirmé. «Cela dit, l'OTAN est très importante pour moi.»