La relation d'emploi du courtier Daniel Haché avec Canaccord Genuity s'est très mal terminée et c'est la Cour supérieure qui aura la tâche de démêler le vrai du faux.

Mis à jour le 20 févr. 2012
Alain Bisson LA PRESSE

M. Haché a confié au tribunal l'arbitrage du différend de plus d'un demi-million de dollars qui l'oppose à son ex-employeur, pour lequel il a travaillé de février 2004 à janvier 2011, indique une requête déposée à Montréal plus d'un an après sa démission.

On y apprend que M. Haché a été accueilli ensuite chez un concurrent, Raymond James ltée, et qu'il y occupe le poste de vice-président principal.

Selon le document, Canaccord avait à l'époque comme politique d'offrir des prêts sans intérêts et «à remboursement conditionnel» à son personnel clé dans le cadre d'un programme de rétention des employés.

M. Haché s'est prévalu de cet avantage dès son arrivée au sein de la société, à hauteur de 180 000$, et n'a pas eu à rembourser le prêt puisqu'il est resté à l'emploi de Canaccord pendant les trois années subséquentes, indique Irving Mitchell Kalichman (IMK), le cabinet d'avocats montréalais qui le représente.

La maison de courtage aurait modifié son programme de rétention en 2009, mais selon des modalités qui convenaient moins à son employé, précise la requête.

Un courtier fort convoité

Parce que l'entreprise désirait «garder M. Haché à l'emploi de Canaccord car il était un actif inestimable [...], un courtier prolifique et d'expérience [...], un des quarts-arrières du bureau de Montréal [...], un courtier fort convoité de ses concurrents», ses deux supérieurs immédiats lui ont fait une proposition, verbale semble-t-il, afin bonifier le nouveau programme de rétention: des revenus annuels supplémentaires de 250 000$ grâce à la clientèle d'un vieux routier, Marcel Rioux, dès le départ de celui-ci.

Sur la foi de cette entente, dit-il dans sa poursuite, M. Haché a décidé de rester chez Canaccord. Il a accepté les conditions du nouveau programme de rétention et a contracté le nouveau prêt de 103 872$ offert, «en retour du registre de la clientèle de M. Rioux».

Cependant, au décès de ce dernier, en 2010, et alors que M. Haché était en vacances, les clients de M. Rioux ont plutôt été confiés à un autre courtier.

«M. Haché a protesté et en a longuement discuté» avec son nouveau patron, Jean-François Richard, le remplaçant d'un de ses interlocuteurs lors des discussions au sujet du portefeuille de M. Rioux.

«Cependant, Canaccord a refusé de respecter l'entente qu'elle avait conclue [...]. Dès lors, le lien de confiance que M. Haché entretenait avec Canaccord a été brisé», soutient l'action.

La démission de M. Haché a pris effet le 14 janvier 2011.

Quelques semaines plus tard, il a réclamé à son ex-employeur 49 500 bons de souscription de la firme Stellar Pacific Ventures auxquels il «avait droit». «Canaccord a ignoré la demande de M. Haché», écrit IMK.

Puis, en janvier dernier, la maison de courtage a envoyé une mise en demeure à son ex-employé lui réclamant 10 022$ pour le remboursement du reliquat du prêt de 103 872$. M. Haché nie devoir cet argent à Canaccord.

La société a également soumis, dans sa missive, que ce sont les tribunaux de la Colombie-Britannique, et non ceux du Québec, qui ont juridiction sur le litige contractuel. En clair: si M. Haché veut poursuivre l'entreprise, il devra se déplacer à Vancouver.

«Il découle clairement de la lettre que Canaccord cherche par tous les moyens à exercer une pression indue sur M. Haché afin que ce dernier lui paie des sommes d'argent auxquelles elle n'a pas droit.», soutient la requête de M. Haché.

La Presse Affaires a joint le bureau des avocats de Canaccord mais n'a pas obtenu de retour d'appel.