Plusieurs points restent à régler pour finaliser la réponse de la zone euro à la crise de la dette: différends franco-allemands sur le futur pare-feu de l'Union, recapitalisation des banques pour éviter la contagion et effort supplémentaire des banques pour la Grèce.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Aide à la Grèce

Après le feu vert donné par la «troïka» des bailleurs de fonds d'Athènes, le déblocage d'une nouvelle tranche de prêt de 8 milliards d'euros à la Grèce devrait être décidé dans son principe. Il s'agit de la sixième tranche de prêt dans le cadre du premier plan d'aide à Athènes, décidé au printemps 2010. Mais la question est de savoir si l'instance exécutive du FMI acceptera de son côté de verser sa part. Selon Athènes, des divergences existent entre le Fonds et l'Europe sur le sujet.

Fonds de secours de la zone euro

C'est l'une des principales pierres d'achoppement. Le Fonds européen de stabilité financière (FESF), destiné à venir en aide aux pays en difficulté, vient de voir ses moyens renforcés une première fois: sa capacité de prêt est passée à 440 milliards d'euros. Il va en outre désormais pouvoir acheter de la dette publique d'Etats en difficulté aux investisseurs sur les marchés. Mais le dispositif ne suffit plus pour protéger l'Italie et l'Espagne.

Des discussions sont menées pour démultiplier encore sa capacité d'action par un «effet de levier». Problème: Berlin et Paris divergent sur les moyens d'y parvenir. L'Allemagne privilégie un système de garantie sur la dette publique, qui toutefois pose de nombreux problèmes techniques et juridiques. La France prône l'implication de la Banque centrale européenne (BCE), que cette dernière refuse avec l'appui de Berlin. Il n'y a pas non plus de clarté sur le volume dont disposera le futur FESF. Le chiffre d'au moins 1000 milliards d'euros est évoqué.

Réduction de la dette grecque

Un second plan de sauvetage pour la Grèce a été décidé le 21 juillet. Mais la copie est à revoir à présent car la situation du pays s'est dégradée entre-temps. Le plan prévoyait 109 milliards d'euros de prêts de l'UE et du FMI ainsi qu'une contribution des créanciers privés du pays (banques, fonds d'investissement) acceptant de perdre 21% à terme de leur dû. L'Allemagne pousse pour relever ce seuil à au moins 50%, la France plaide pour ne pas aller trop loin de crainte d'un effet domino dans le secteur bancaire qui l'obligerait à recapitaliser ses établissements. Au risque de perdre sa notation d'excellence (triple A) pour sa dette.

Recapitalisation des banques

Pour faire face à un risque de défaut de paiement de la Grèce, l'UE préconise de relever le ratio de fonds propres «durs» des établissements bancaires à 9%, mais l'idée d'une recapitalisation forcée est mal accueillie par le secteur bancaire. L'Autorité bancaire européenne (EBA) évalue les besoins de recapitalisation des banques à entre 80 et 100 milliards d'euros. Mais ce seuil risque de ne pas rassurer pleinement les marchés alors que le FMI a placé lui la barre deux fois plus haut.

Rôle du Parlement allemand

L'Allemagne a imposé la convocation d'un deuxième sommet de la zone euro le 26 octobre au plus tard, en plus de celui de dimanche, pour faire aussi droit aux exigences de ses députés qui exigent d'examiner au préalable les mesures envisagées pour sauver l'euro, avant qu'Angela Merkel prenne des décisions.