D'ici quelques années, les résidants de la Rive-Sud qui partent pour Toronto quotidiennement pourraient bien prendre l'avion directement à Longueuil au lieu de traverser tout Montréal pour se rendre à Dorval.

Caroline Rodgers LA PRESSE

C'est du moins ce qu'espère Aérocentre YHU Longueuil, une entreprise créée dans le but de mettre sur pied un complexe aéroportuaire sur le site de l'Aéroport Saint-Hubert de Longueuil. Cette nouvelle société est détenue en parts égales par l'organisme à but non lucratif Développement Aéroport Saint-Hubert de Longueuil (DASH-L), et par Corporation DEV-YHU, une entreprise privée.

Pour l'instant, des discussions ont eu lieu avec le transporteur Porter, sans toutefois qu'il s'agisse de négociations officielles.

«Les études montrent que 200 passagers de la Rive-Sud prennent l'avion chaque jour à Dorval vers Toronto, dit Gordon Livingstone, le PDG d'Aérocentre YHU Longueuil. Ces gens doivent traverser toute la ville pour prendre l'avion. Pour un transporteur comme Porter, c'est un marché intéressant. Quelques vols le matin et quelques vols le soir entre les deux villes changeraient complètement la dynamique.»

D'ici trois ans, Aérocentre YHU Longueuil s'est engagée à investir au moins 20 millions pour exploiter un complexe aéroportuaire. Celui-ci comprendra une aérogare avec tous les services requis pour accueillir les visiteurs de façon adéquate, ainsi qu'un terminal privé, communément appelé Fixed based operator (FBO) dans le jargon de l'aviation, et plusieurs hangars.

L'aérogare sera construite en transformant et en agrandissant du bâtiment d'accueil actuel, un ancien édifice militaire. Le projet devrait être amorcé cette année et opérationnel en 2010. Après cette phase initiale, les investissements de l'entreprise pourraient atteindre les 40 millions d'ici quelques années.

L'aéroport de Saint-Hubert de Longueuil est au cinquième rang des aéroports au Canada pour le nombre de mouvements aériens annuels. À chaque année, environ 193 000 aéronefs décollent ou atterrissent sur ses trois pistes. Plusieurs de ces mouvements sont dus aux activités des écoles de pilotage qui voisinent l'aéroport.

Présentement, ces écoles de pilotage constituent le gros de la clientèle de l'aéroport. Il compte aussi parmi ses clients la Défense nationale, l'Agence spatiale canadienne, Air Richelieu, Cargair et Aeropro, entre autres. Pascan Aviation, qui offre des vols vers les Îles-de-la-Madeleine et l'est du Québec, en fait aussi partie.

De nombreuses organisations sportives, comme des équipes de la LNH, dont les Bruins de Boston, atterrissent régulièrement sur les lieux. Elles apprécient le fait d'atterrir à proximité du centre-ville de Montréal et d'être à leur hôtel 20 minutes plus tard, explique Gordon Livingstone.

«Nous voulons conserver cette vocation, mais en même temps, on veut donner à l'aéroport une vocation plus axée vers les affaires et le transport régional, avec plus de vols commerciaux», explique M. Livingstone. C'est pourquoi il aimerait bien qu'un transporteur, qui assure la liaison Montréal-Toronto, fasse partie des nouveaux clients de l'Aéroport Saint-Hubert. Mais pour que toutes les ambitions d'Aérocentre se concrétisent, les pistes d'atterrissage doivent être rénovées. On attend pour ce faire des fonds de Chantier Canada. Le maire de Longueuil, Claude Gladu, se dit confiant de recevoir une réponse favorable de l'organisme gouvernemental dans les prochaines semaines.

Ces investissements donnent le coup d'envoi à la mise au niveau optimale des zones adjacentes à l'aéroport, propriété de la Ville. Le secteur qui ceinture l'aéroport sera revitalisé grâce à un investissement de 82 millions de la Ville de Longueuil, qui permettra de réaliser des projets résidentiels et commerciaux.