(Montréal) Le ministre fédéral de l’Innovation, des Sciences et de l’Industrie, François-Philippe Champagne, a annoncé mercredi un financement de 550 millions dans le secteur des sciences et de la recherche en octroyant des fonds à plus de 5500 chercheurs à travers le pays.

Publié le 12 janvier
Stéphane Blais La Presse Canadienne

Les vêtements que vous portez pourraient bientôt vous informer que vous êtes malade, avant même que vous ayez des symptômes, en détectant par exemple le PH corporel.

La création de vêtements intelligents qui fournissent des diagnostics médicaux est l’une des multiples possibilités qu’offrent les recherches de Noémie-Manuelle Dorval Courchesne, de l’Université McGill, qui a obtenu 600 000 $ du gouvernement pour réaliser des travaux sur les biomatériaux.

L’équipe de Noémie-Manuelle Dorval Courchesne s’intéresse également à la création de bioplastique à base de protéines et de matériaux « vivants » afin de rendre les plastiques biodégradables.

« C’est un support exceptionnel, l’argent va permettre à notre laboratoire d’avoir une stabilité financière pour les cinq prochaines années, mais aussi de recruter de nouveaux chercheurs », a indiqué la professeure associée en génie chimique à propos de la subvention fédérale.

Selon le ministre Champagne, les biomatériaux représentent « tout un potentiel pour remplacer les matières plastiques, les textiles et des dispositifs électroniques et ainsi permettre au Canada de diminuer ses gaz à effet de serre ».

Des fonds pour la recherche sur les métaux qui résistent à l’oxydation

Le demi-milliard de dollars de financement octroyés par le gouvernement couvre un éventail de recherche dans les secteurs de l’environnement, la santé, la réconciliation et le développement économique.

L’Université Queen’s a reçu 24 millions pour la réalisation d’un projet dirigé par la chimiste Cathleen Crudden afin de créer des surfaces métalliques qui résistent à l’oxydation.

Ce projet permettrait de prolonger la durée de vie de certains types de métaux utilisés pour fabriquer des voitures, des bateaux, des téléphones et une foule d’objets du quotidien.

« Les industries peuvent sauver des milliards de dollars par année en empêchant la corrosion » des objets et des infrastructures, a indiqué Cathleen Crudden.

La chimiste compte également utiliser une partie de la subvention du fédéral pour développer, avec d’autres universités canadiennes, l’utilisation des nanoparticules métalliques dans le traitement du cancer et d’autres maladies.

Financer la recherche pour favoriser la réconciliation

Parmi les principaux récipiendaires des subventions annoncées par François-Philippe Champagne, l’Université de l’Alberta obtient 24 millions en appui à un projet axé sur l’autonomisation des Autochtones tandis que l’Université de la Colombie-Britannique reçoit 105 000 $ pour se pencher sur les façons d’améliorer la relation entre les femmes autochtones et les infirmières autorisées, « dans le but de progresser vers une réconciliation transformatrice et d’assurer une meilleure équité sur le plan de la santé maternelle ».

Le ministre Champagne a rappelé que le milieu universitaire joue un rôle essentiel en « stimulant l’innovation », en assurant la croissance économique et en « formant la prochaine génération d’experts de premier plan ».

« Au cours des deux dernières années, les Canadiens ont constaté plus que jamais à quel point les activités scientifiques et la recherche sont précieuses », a indiqué le ministre Champagne, en ajoutant que « ces programmes sont des catalyseurs de percées et de découvertes qui amélioreront la vie des gens » et « guideront la prospérité nationale pendant des années à venir ».