(Paris) Deux textes historiques conservés aux Archives nationales, la Déclaration des droits de l’homme et celle des droits de la femme ont été encodés sur ADN, grâce à une nouvelle technologie qui promet un stockage plus durable et moins volumineux que le numérique classique.

Agence France-Presse

Il s’agit de deux minuscules capsules contenant des brins d’ADN de synthèse, sur lesquels ont été stockées la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 et la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, cette dernière rédigée par Olympe de Gouges en 1791.

Les capsules ont été déposées mardi dans l’armoire de fer des Archives nationales à Paris, aux côtés des originaux et d’autres textes emblématiques comme la Constitution de 1958 ou le testament de Napoléon.

« C’est la première fois que les Archives de France conservent des documents sur ADN, et c’est une première mondiale pour une institution publique », s’est félicité Bruno Ricard, directeur général des Archives nationales, lors de la cérémonie de dépôt.

La technologie consiste à transformer une donnée numérique binaire (le document sur papier encodé sous un fichier constitué de 0 et de 1), en donnée quaternaire : les lettres A, T, C et G. Ces lettres sont les briques de l’ADN, le support de l’information génétique qui se transmet de génération en génération, sur plusieurs dizaines de milliers d’années.

L’information numérique ainsi convertie est stockée sur des grandes molécules — comme le fait le vivant — copiées des milliards de fois : « c’est une stratégie innovante bio-inspirée », explique Stéphane Lemaire, directeur de recherche CNRS, dont l’équipe à l’origine du projet « DNA Drive ».

L’ADN réécrit est ensuite lyophilisé et pour lire l’information, il suffit de rajouter une goutte d’eau. On peut ensuite récupérer le fichier via un séquenceur d’ADN.

La stabilité est garantie pendant « plus de 50 000 ans », dit Stéphane Lemaire, rappelant qu’un génome complet d’un mammouth de plus d’un million d’années avait pu être reconstitué. Le stockage numérique sur bande magnétique, lui, n’a qu’une durée de vie faible-les données doivent être transférées tous les dix ans.

La technologie est en outre « non énergivore » et incomparablement moins volumineuse que la « datasphère », qui rassemble l’ensemble des données numériques mondiales.

Celles-ci, estimées à 45 zettaoctets (1021 octets), sont en croissance exponentielle, et « la demande est déjà supérieure à l’offre de stockage », souligne Stéphane Lemaire.

L’ADN offre potentiellement « une densité si élevée qu’on pourrait stocker toutes les données du monde dans l’équivalent d’une tablette de chocolat », avance-t-il.

Mais la technologie est encore limitée par son coût très élevé, environ 900 euros le mégaoctet.

PHOTO ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE

Les capsules ont été déposées mardi dans l’armoire de fer des Archives nationales à Paris, aux côtés des originaux et d’autres textes emblématiques comme la Constitution de 1958 ou le testament de Napoléon.

L’encodage sur ADN fait une entrée historique aux Archives nationales

Paris

Deux textes historiques conservés aux Archives nationales, la Déclaration des droits de l’homme et celle des droits de la femme ont été encodés sur ADN, grâce à une nouvelle technologie qui promet un stockage plus durable et moins volumineux que le numérique classique.

Agence France-Presse

Il s’agit de deux minuscules capsules contenant des brins d’ADN de synthèse, sur lesquels ont été stockées la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 et la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, cette dernière rédigée par Olympe de Gouges en 1791.

Les capsules ont été déposées mardi dans l’armoire de fer des Archives nationales à Paris, aux côtés des originaux et d’autres textes emblématiques comme la Constitution de 1958 ou le testament de Napoléon.

« C’est la première fois que les Archives de France conservent des documents sur ADN, et c’est une première mondiale pour une institution publique », s’est félicité Bruno Ricard, directeur général des Archives nationales, lors de la cérémonie de dépôt.

La technologie consiste à transformer une donnée numérique binaire (le document sur papier encodé sous un fichier constitué de 0 et de 1), en donnée quaternaire : les lettres A, T, C et G. Ces lettres sont les briques de l’ADN, le support de l’information génétique qui se transmet de génération en génération, sur plusieurs dizaines de milliers d’années.

L’information numérique ainsi convertie est stockée sur des grandes molécules — comme le fait le vivant — copiées des milliards de fois : « c’est une stratégie innovante bio-inspirée », explique Stéphane Lemaire, directeur de recherche CNRS, dont l’équipe à l’origine du projet « DNA Drive ».

L’ADN réécrit est ensuite lyophilisé et pour lire l’information, il suffit de rajouter une goutte d’eau. On peut ensuite récupérer le fichier via un séquenceur d’ADN.

La stabilité est garantie pendant « plus de 50 000 ans », dit Stéphane Lemaire, rappelant qu’un génome complet d’un mammouth de plus d’un million d’années avait pu être reconstitué. Le stockage numérique sur bande magnétique, lui, n’a qu’une durée de vie faible-les données doivent être transférées tous les dix ans.

La technologie est en outre « non énergivore » et incomparablement moins volumineuse que la « datasphère », qui rassemble l’ensemble des données numériques mondiales.

Celles-ci, estimées à 45 zettaoctets (1021 octets), sont en croissance exponentielle, et « la demande est déjà supérieure à l’offre de stockage », souligne Stéphane Lemaire.

L’ADN offre potentiellement « une densité si élevée qu’on pourrait stocker toutes les données du monde dans l’équivalent d’une tablette de chocolat », avance-t-il.

Mais la technologie est encore limitée par son coût très élevé, environ 900 euros le mégaoctet.