Quelques milligrammes de toute l’actualité scientifique de la semaine

Éric-Pierre Champagne
Éric-Pierre Champagne La Presse

James Bond vit dangereusement

Le célèbre agent 007 a frôlé la mort plus d’une fois, au cours des nombreuses missions où il a affronté parmi les pires vilains de l’histoire du cinéma. Mais selon des chercheurs européens, James Bond courrait plus de risques de mourir en raison de ses habitudes de vie pour le moins discutables. Dans une étude au ton franchement humoristique publiée dans la revue Travel Medicine and Infectious Disease, trois scientifiques analysent les comportements de l’agent secret britannique sur 3113 minutes réparties dans de nombreux films entre 1962 et 2021. Presque tout y passe. Sa consommation d’alcool. Ses nombreuses partenaires sexuelles, en moyenne 2,4 par film. Son hygiène douteuse – on le voit se laver les mains à seulement deux occasions alors que ses missions le conduisent dans 47 régions différentes du globe. Les chercheurs signalent d’ailleurs qu’une diarrhée est si vite arrivée dans de telles circonstances. Ce qui ne serait guère pratique, il faut l’avouer, pour défendre les intérêts de Sa Majesté.

Lisez l’étude (en anglais)

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La population de moineaux domestiques a-t-elle diminué en Europe depuis 1980 ?

PHOTO ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE

La population de moineaux domestiques est en chute.

Il y a aujourd’hui en Europe 247 millions de moineaux domestiques en moins qu’il y en avait en 1980, selon une récente étude sur le déclin des oiseaux sur le Vieux Continent. Après le moineau, la bergeronnette printanière (- 97 millions), l’étourneau (- 75 millions) et l’alouette (- 68 millions) sont les espèces d’oiseaux qui ont connu le plus important déclin depuis 40 ans. L’étude a été publiée sur le site Zenodo.

Le chiffre

405 milliards

PHOTO MARTIN TREMBLAY, ARCHIVES LA PRESSE

Les sols stockent trois fois plus de carbone que la biomasse végétale, dont les arbres.

Selon une étude de l’Université McMaster, on trouve l’équivalent de 405 milliards de tonnes de carbone stockées dans le sol au Canada, soit l’équivalent des émissions mondiales de CO2 pendant 30 ans. Les chercheurs ont réalisé une carte pour tout le pays, montrant les concentrations de carbone dans le sol. De façon générale, les sols stockent trois fois plus de carbone que la biomasse végétale, dont les arbres. Au Québec, par exemple, la biomasse forestière permet de stocker 4,3 milliards de tonnes de carbone alors que les sols contiennent 45,7 milliards de tonnes. Avec cette étude commandée par WWF-Canada, les auteurs espèrent que les différents gouvernements tiendront compte de leurs données dans la lutte contre les changements climatiques.

Consultez la carte canadienne

La sécheresse tue les arbres

PHOTO KARENE-ISABELLE JEAN-BAPTISTE, COLLABORATION SPÉCIALE

Les arbres se meurent en raison des sécheresses.

Le taux de mortalité de toutes les espèces d’arbres est à la hausse en Europe. La cause ? Les sols sont de plus en plus secs, en raison des épisodes de sécheresse plus nombreux et plus intenses. Selon des chercheurs estoniens, le taux de mortalité de l’épinette de Norvège a grimpé de 60 % entre 2010 et 2020 par rapport à la période comprise entre 1995 et 2009. Pour le pin sylvestre, la hausse a été de 40 %, et de 36 % pour le hêtre commun. Un phénomène qui pourrait empirer la crise climatique, puisque les arbres contribuent à stocker une quantité significative de carbone. Et planter des millions, voire des milliards d’arbres ne constitue pas une solution viable à long terme, si les sols deviennent trop secs pour assurer leur survie. L’étude a été publiée sur la plateforme de diffusion bioRxiv.

Syndrome de l’imposteur : de meilleurs employés

PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, ARCHIVES LA PRESSE

Les personnes ayant un syndrome de l’imposteur ont tendance à toujours chercher à en faire plus.

Qui ne connaît pas le syndrome de l’imposteur, celui qui fait en sorte qu’une personne ne se sent pas qualifiée pour l’emploi qu’elle occupe, par exemple ? Selon des chercheurs du Massachusetts Institute of Technology (MIT), ces personnes feraient en réalité de meilleurs employés, grâce entre autres à leurs habiletés à établir de meilleures relations avec leurs collègues. Ce sont les conclusions d’une étude publiée récemment dans l’Academy of Management Journal. Selon les auteurs, les personnes ayant un syndrome de l’imposteur ont tendance à vouloir compenser leur supposé manque de compétences en cherchant toujours à en faire plus.