Les astres fascinent depuis des temps immémoriaux. Ces dernières années, l’astronomie est passée en vitesse supérieure. Voici un florilège de découvertes et de missions vers l’infini… et plus loin encore !

Mathieu Perreault
Mathieu Perreault La Presse

Cap sur Vénus

La NASA a annoncé au début de juin qu’elle enverrait à la fin de la décennie deux missions vers la planète Vénus : DaVinci+ et Veritas. La première sonde larguera un atterrisseur muni d’un parachute qui caractérisera pendant une heure la composition et la chimie de son atmosphère corrosive. Veritas, elle, fera une topographie radar détaillée de l’étoile du matin. Ces deux sondes font partie du programme Discovery de la NASA, qui finance des appareils à budget « modeste », soit de moins de 500 millions US. Les deux appareils testeront aussi de nouvelles technologies : une horloge atomique ultraprécise et un nouveau type de mesure de la lumière ultraviolette. L’un des mystères qui perdurent à propos de Vénus est la raison pour laquelle elle absorbe davantage de lumière ultraviolette solaire que le prévoit la théorie.

Les cavernes martiennes

ILLUSTRATION FOURNIE PAR L’UNIVERSITÉ STANFORD

Impression d’artiste du ReachBot dans trois situations

L’Institut des concepts avancés (NIAC) de la NASA, qui fonctionne comme une pépinière de projets et de technologies pour l’agence spatiale américaine, a dévoilé en février une vingtaine de projets qui recevront une bourse de 100 000 $ afin de développer une « preuve de concept ». Cette démarche sert à démontrer qu’une idée fonctionnera une fois mise en œuvre. Un projet de robot-araignée de l’Université Stanford se démarque du lot. Il vise à explorer les cavernes martiennes. Le ReachBot de Stanford utilise des aiguilles microscopiques au bout de ses pattes pour s’accrocher aux surfaces dans toutes les orientations.

Un chemin de fer lunaire

ILLUSTRATION FOURNIE PAR LE JET PROPULSION LABORATORY

Impression d’artiste de FLOAT

Un autre projet choisi par le NIAC en février est un réseau de convoyeurs pour la Lune. La « lévitation flexible sur un parcours » (FLOAT) permettrait d’acheminer du matériel d’un point à l’autre d’une base lunaire et vers les sites d’atterrissage. De la poussière lunaire – le régolithe – pourra être transformée en carburant, en eau et en matériaux de construction. Ce projet du Jet Propulsion Laboratory (JPL) de la NASA veut utiliser des robots magnétisés flottant au-dessus d’un film magnétisé comportant des cellules photovoltaïques afin de générer la puissance nécessaire au fonctionnement de FLOAT.

La profondeur du lac Kraken

ILLUSTRATION FOURNIE PAR LA NASA

Impression d’artiste du lac Kraken de Titan

Le lac Kraken de Titan, l’une des lunes de Saturne, est 10 fois plus profond que prévu, atteignant en son centre 300 m, selon des chercheurs de l’Université Cornell. Ce lac de méthane et d’éthane liquides a une superficie équivalente à celle des Grands Lacs du Canada. Selon les astronomes américains, qui ont publié leur découverte en janvier dans le Journal of Geophysical Research, cela signifie qu’il sera possible pour un sous-marin de manœuvrer dans le lac Kraken. Leurs résultats sont basés sur une réanalyse de données radars de la sonde Cassini, qui a survolé à basse altitude Titan à 45 reprises et y a lancé la sonde Huygens. Cet appareil a atterri sur Titan en 2005 et a envoyé des données pendant presque cinq heures.

Le méthane d’Encelade

PHOTO FOURNIE PAR LA NASA

Encelade croquée par Cassini

Les fosses hydrothermales présentes dans les océans cachés sous la surface glacée d’Encelade, une autre lune de Saturne, ne peuvent produire tout le méthane qui s’y échappe. Cette conclusion d’astronomes français et américains relance la possibilité que la vie microbienne existe dans les océans d’Encelade. Les chercheurs des universités de l’Arizona et de Paris Sciences & Lettres, qui ont publié leurs résultats au début du mois de juillet dans Nature Astronomy, tirent leurs conclusions d’une nouvelle analyse des mesures des jets de vapeur s’échappant d’Encelade, mesurés par la sonde Cassini en 2015 quand elle a traversé un tel jet d’eau et de méthane.

La formation d’une lune

PHOTO FOURNIE PAR L’OBSERVATOIRE EUROPÉEN AUSTRAL (ESO)

L’étoile PDS 70 entourée par le disque de poussière situé à l’extrémité du système solaire

Des astronomes européens ont récemment observé pour la première fois un disque protolunaire autour d’une exoplanète. Il s’agit d’une planète géante en orbite autour de l’étoile PDS 70, dans la constellation du Centaure, située à 370 années-lumière. Ce disque aurait assez de matière pour trois lunes de la taille de la nôtre. Cette observation, faite grâce au radiotélescope ALMA (Atacama Large Millimetre/submillimeter Array) par l’Observatoire européen austral (ESO) au Chili et publiée à la mi-juillet dans les Astrophysical Journal Letters, permettra d’affiner les théories de formation des planètes. À noter : les deux planètes géantes en orbite autour de PDS 70 ont elles-mêmes créé un disque de matière à l’extrémité de ce système solaire, en agrégeant toute la matière située près de l’étoile PDS 70.

Une version précédente de ce texte affirmait erronément que l'étoile PDS 70 est située à 370 millions d'années-lumière.