Quelques milligrammes de toute l’actualité scientifique de la semaine

Éric-Pierre Champagne
Éric-Pierre Champagne La Presse

Des bébés plus petits près des sites de forage

PHOTO ELI HARTMAN, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS

Quelque 17,6 millions d’Américains vivent à moins de 1,6 km d’un site de forage.

Les femmes qui vivent près d’un site de forage pétrolier ou gazier ont plus de risques d’accoucher d’un bébé plus petit, a constaté une équipe de l’Université d’État de l’Oregon, qui a analysé les données de 2,6 millions de femmes qui ont accouché entre 1996 et 2009 au Texas. Elles vivaient toutes à une distance maximale de 10 km d’un site de forage. Les chercheurs ont découvert que les femmes qui vivaient à une distance de 3 km ou moins avaient donné naissance à des bébés légèrement plus petits, dans une proportion de 7 à 9 g de moins que ceux nés avant que des activités de forage ne débutent. Bien que la différence de poids ne soit pas si grande, les auteurs de l’étude publiée dans Environmental Health Perspective signalent que 17,6 millions d’Américains vivent à moins de 1,6 km d’un site de forage. Selon eux, les politiques publiques devraient mieux tenir compte de ces données quand vient le moment d’autoriser des forages.

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Pourquoi les tortues géantes des Galapagos n’ont-elles pas de cancer  ?

PHOTO FOURNIE PAR IMAX

Une tortue géante des Galapagos

Les tortues géantes des Galapagos peuvent vivre jusqu’à 150 ans et l’une des raisons de leur longévité, c’est qu’elles courent très peu de risques de développer un cancer. Des chercheurs américains ont découvert que ces tortues possèdent des cellules qui s’autodétruisent dès qu’elles sont endommagées, évitant ainsi la formation de cellules cancéreuses. Ces animaux, comme les éléphants, notamment, ont aussi des copies supplémentaires de leurs gènes responsables de la réponse au stress qui endommage les cellules. Ce mécanisme d’autodestruction chez les tortues des Galapagos permet également de ralentir le processus de vieillissement.

Des caméras pour aider les aveugles

PHOTO ALAIN ROBERGE, ARCHIVES LA PRESSE

Une traverse écolière à Longueuil, où l’on peut voir un panneau indiquant un passage pour piétons non voyants.

Une caméra corporelle connectée à des bracelets vibrants, comme une montre intelligente, permettrait d’aider de façon significative les personnes aveugles dans leurs déplacements. Des chercheurs américains ont testé un tel système auprès d’un groupe de 31 personnes aveugles ou malvoyantes. La caméra était connectée à un logiciel capable de détecter les obstacles. Dans un tel cas, une alerte était envoyée au bracelet gauche ou droit, pour indiquer à son porteur de quel côté se situait l’obstacle. L’analyse de 368 heures de vidéo a montré que cette technologie avait permis de réduire les « collisions » de 37 %. Les résultats de cette étude ont été publiés dans la revue scientifique Jama Ophtalmology.

Le cerveau des truites grossit ou diminue selon les circonstances

PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, LA PRESSE

Une truite arc-en-ciel

Des chercheurs de l’Université Guelph, en Ontario, ont découvert que les truites avaient la capacité de modifier la taille de leur cerveau en fonction de l’environnement dans lequel elles se trouvaient. Dans une première étude, ils ont constaté que des truites arc-en-ciel qui avaient réussi à s’échapper d’une pisciculture pour vivre librement dans un lac avaient vu la taille de leur cerveau augmenter de 15 % en sept mois. Dans une autre étude, ces mêmes scientifiques ont étudié des truites grises dans deux lacs de l’Ontario pendant six saisons pour découvrir que celles-ci voyaient la taille de leur cerveau augmenter l’automne et l’hiver et diminuer le printemps et l’été. Pendant l’été, ces poissons évitent les eaux plus chaudes de la surface, où l’environnement est cependant plus complexe et exige de plus grandes capacités cognitives. Cette capacité à modifier la taille du cerveau n’est dans le fond qu’une affaire de survie, puisque cet organe est celui qui requiert le plus d’énergie pour fonctionner. Ces truites ont en quelque sorte l’intelligence d’y avoir recours pour assurer leur subsistance.

Le chiffre

160

PHOTO FOURNIE PAR L’UNIVERSITÉ NATIONALE DE COMAHUE

Les œufs, mesurant de 5 à 7 centimètres, seraient âgés de 85 millions d’années.

C’est le nombre d’œufs fossilisés d’oiseaux préhistoriques découvert en Patagonie par des paléontologues argentins. Les œufs, mesurant de 5 à 7 cm, seraient âgés de 85 millions d’années. La découverte a été faite lors de travaux de rénovation de l’Université nationale de Comahue, à 1100 km au sud de Buenos Aires. Ces œufs sont ceux d’oiseaux appelés énantiornithes, qui étaient très communs au Crétacé, période qui s’étend environ de 145 à 66 millions d’années avant notre ère. Une équipe travaille sur le site depuis des semaines, parallèlement aux travaux de réaménagement de l’établissement. Coup de chance, les œufs ont été découverts à quelques dizaines de mètres seulement du Musée des sciences naturelles de l’université.

Avec AFP