(Washington) La NASA n’a pas enfreint la réglementation en vigueur en choisissant SpaceX pour la construction de son futur module d’alunissage, a affirmé vendredi le gendarme des contrats publics américains, rejetant ainsi les réclamations des concurrents Blue Origin et Dynetics.

Agence France-Presse

Le projet de construction du système d’alunissage habité (HLS), estimé à 2,9 milliards de dollars, avait été décerné en avril à la société d’Elon Musk. Mais le choix avait été contesté par les concurrents écartés, qui estimaient que le processus d’évaluation de la NASA avait été inéquitable et arguaient que l’agence spatiale aurait dû désigner plusieurs vainqueurs.

L’organisme du Congrès chargé du contrôle des comptes publics (GAO) a cependant souligné que dans l’appel à projets initial de la NASA, celle-ci « se réservait le droit de désigner plusieurs vainqueurs, un seul vainqueur ou aucun vainqueur », ajoutant qu’elle avait agi en accord avec ses niveaux de financement.

L’annonce du GAO est un coup dur en particulier pour Blue Origin, dont l’offre était considérée comme la plus solide après SpaceX.

Le fondateur de Blue Origin, le milliardire Jeff Bezos, s’était fendu cette semaine d’une lettre ouverte à la NASA, offrant un rabais d’au moins deux milliards de dollars pour que l’agence reconsidère son choix.

Vendredi, Blue Origin a réagi à l’annonce du GAO en affirmant que cette agence n’était pas en mesure de répondre aux « problèmes fondamentaux » de la décision initiale, en raison de son pouvoir juridictionnel limité.

« Nous allons continuer de pousser pour qu’il y ait deux fournisseurs immédiats car nous sommes convaincus que c’est la bonne solution », a déclaré une porte-parole.

« Le programme HLS a besoin de concurrence maintenant plutôt qu’à l’avenir – c’est la meilleure solution pour la NASA et la meilleure solution pour notre pays », a-t-elle ajouté.

Depuis son échec lors de l’appel d’offre, Blue Origin a conduit un lobbying frénétique pour faire annuler la décision, ce qui a conduit le Sénat américain à adopter un projet de loi acceptant d’allouer 10 milliards de dollars au système d’atterrissage habité.

Mais le texte est toujours débattu à la Chambre des représentants et a été qualifié de « renflouement pour Bezos » par ses détracteurs.

L’offre acceptée de SpaceX inclut une version lunaire de son prototype de vaisseau Starship. Ce dernier, en cours de développement, doit permettre de transporter d’importants équipages et cargaisons pour des voyages dans l’espace lointain, et devrait pouvoir se poser à la verticale sur Terre comme sur d’autres objets célestes.

Avec son programme Artemis, la NASA a pour projet d’envoyer de nouveau des humains sur la Lune vers 2024, et de construire une station lunaire orbitale avant d’envoyer une mission habitée vers Mars dans les années 2030.

SpaceX, l’entreprise fondée par Elon Musk en 2002, est actuellement le principal partenaire privé de l’agence spatiale américaine.

Grâce à ses modules Crew Dragon, elle a commencé à emmener des astronautes vers la Station spatiale internationale l’année dernière, tandis que son concurrent Boeing n’a pas encore réussi de vol d’essai non-habité.

La semaine dernière, SpaceX s’est également vu accorder un contrat pour le lancement d’une mission de la NASA vers Europa, une lune glacée de Jupiter, où une sonde cherchera des signes de vie.