La NASA a publié lundi une vidéo haute définition captée par l’astromobile Perseverance, une première du genre, alors qu’elle traversait l’atmosphère martienne jeudi dernier. Un microphone a également fourni un premier enregistrement audio de la planète rouge.

Alice Girard-Bossé Alice Girard-Bossé
La Presse

« C’est la première fois qu’on a toutes ces images en très haute définition. C’est exceptionnel », se réjouit Olivier Hernandez, directeur du Planétarium Rio Tinto Alcan et astrophysicien expert en instrumentation, spécialiste des galaxies et des exoplanètes.

Les images des caméras haute définition à bord du vaisseau spatial commencent à 11 kilomètres au-dessus de la surface et montrent le déploiement du parachute, jusqu’à l’atterrissage du véhicule dans le cratère Jezero, à la surface de la planète Mars, qui a eu lieu le 18 février dernier.

La vidéo a également capté le moment où le bouclier thermique se détache, après avoir protégé Perseverance des températures torrides lors de son entrée dans l’atmosphère martienne, à une vitesse de 20 000 km/h.

Les rétrofusées, qui ont ralenti l’astromobile, soulèvent ensuite la poussière du sol martien. Les petites roches qui s’y trouvent étaient probablement au même endroit depuis des milliards d’années. « Quand on voit la poussière être balayée, c’est exceptionnel. Ce sont des images époustouflantes », s’exclame M. Hernandez.

Un premier panorama de la mission sur le lieu d’atterrissage du véhicule pris par les deux caméras de navigation situées sur son mât a également été publié lundi.

Un microphone attaché à l’astromobile n’a pas été en mesure d’enregistrer des sons pendant la descente, mais a obtenu des sons du cratère de Jezero le 20 février. On peut notamment entendre le bruit d’une bourrasque et les sons mécaniques du véhicule à la surface de la planète. « C’est très impressionnant. Ce sont des moments très particuliers et émouvants », ajoute le spécialiste.

Plusieurs défis

Afin de recevoir ces images spectaculaires, il était primordial d’avoir une bonne connexion entre la Terre et Mars. « Avoir une bonne connexion internet ou téléphonique sur Terre, ce n’est pas ce qu’il y a de plus facile, alors imaginez entre la planète Terre et la planète Mars, dont la distance est d’environ 206 millions de kilomètres », illustre M. Hernandez.

  • Le parachute attaché à l’astromobile Perseverance lors de son atterrissage

    PHOTO NASA/JPL-CALTECH, AGENCE FRANCE-PRESSE

    Le parachute attaché à l’astromobile Perseverance lors de son atterrissage

  • Un cratère sur la surface de Mars, vu de l’astromobile Perseverance lors de son atterrissage sur la planète rouge, le 18 février

    PHOTO NASA/JPL-CALTECH, REUTERS

    Un cratère sur la surface de Mars, vu de l’astromobile Perseverance lors de son atterrissage sur la planète rouge, le 18 février

  • Les petites roches qui se trouvent sur le sol martien étaient probablement au même endroit depuis plusieurs milliards d’années.

    PHOTO NASA/JPL-CALTECH, REUTERS

    Les petites roches qui se trouvent sur le sol martien étaient probablement au même endroit depuis plusieurs milliards d’années.

  • La poussière du sol martien s’est soulevée lorsque l’astromobile Perseverance s’y est posée.

    PHOTO NASA/JPL-CALTECH, REUTERS

    La poussière du sol martien s’est soulevée lorsque l’astromobile Perseverance s’y est posée.

  • Les images des caméras haute définition à bord du vaisseau spatial commencent à 11 kilomètres au-dessus de la surface.

    PHOTO NASA/JPL-CALTECH, REUTERS

    Les images des caméras haute définition à bord du vaisseau spatial commencent à 11 kilomètres au-dessus de la surface.

  • Perseverance a atterri dans le cratère Jezero, à la surface de la planète Mars.

    PHOTO NASA/JPL-CALTECH, REUTERS

    Perseverance a atterri dans le cratère Jezero, à la surface de la planète Mars.

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Pour ce faire, la NASA a utilisé les sondes déjà en place en orbite autour de la planète rouge pour envoyer les données vers la Terre. « C’est grâce à leur puissance combinée qu’on a été capables de récupérer très rapidement les images haute résolution, ce qu’on n’était pas capables de faire avec les précédentes missions », explique M. Hernandez.

La suite de la mission

L’objectif principal de Perseverance sur Mars est la recherche d’anciens signes de vie microbienne. Elle caractérisera également la géologie et le climat passé de la planète. « On va déterminer le climat martien grâce à la station météo complète à bord de l’astromobile », indique M. Hernandez.

L’engin prélèvera aussi une vingtaine d’échantillons du sol de la planète, qui seront laissés sur place. Des missions ultérieures de la NASA enverront des sondes sur Mars pour collecter ces échantillons et les renvoyer sur Terre pour une analyse approfondie.