Quelques milligrammes de toute l’actualité scientifique de la semaine

Éric-Pierre Champagne Éric-Pierre Champagne
La Presse

Le niveau des océans plus haut que prévu

Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) estime que le niveau des océans devrait grimper d’au moins 1,1 m d’ici 2100, soit dans 79 ans. Or, des chercheurs danois de l’Institut Niels Bohr, à l’Université de Copenhague, croient que la hausse pourrait être encore plus élevée. Selon leurs calculs, la hausse du niveau de la mer devrait plutôt être de l’ordre de 1,35 m d’ici 2100. Cet écart n’est pas anodin considérant les dommages considérables qui sont déjà prévus avec une hausse de 1,1 m. En entrevue avec le quotidien The Guardian, Aslak Grinsted, coauteur de l’étude danoise, a affirmé que les modèles utilisés pour fonder les prévisions [du GIEC] d’élévation du niveau de la mer ne sont actuellement pas assez sensibles. C’est ce qui explique l’écart observé avec les prévisions du GIEC. Les résultats de cette étude ont été publiés dans le journal Ocean Science.

> Pour visualiser la hausse des océans dans différentes régions du monde (en anglais)

Quiz

Peut-on reconnaître un menteur en l’observant ?

PHOTO GRETA DE LAZZARIS, ASSOCIATED PRESS

Scène du film Pinocchio de Roadside Attractions

Oui ! Si l’on se fie aux travaux de la chercheuse Sophie van der Zee, de l’Université de Rotterdam, aux Pays-Bas. Elle a réuni 50 étudiants dans un local en leur demandant de résoudre chacun un casse-tête en moins de cinq minutes. Sauf que celui-ci était pratiquement impossible à terminer en si peu de temps. La chercheuse a aussi caché la solution au casse-tête dans le local. Elle a demandé aux étudiants de ne pas en parler à son supérieur, de peur que ce geste ait une conséquence sur sa carrière. Les participants ont ensuite été interrogés un à un avec des outils de mesure installés à la tête, sur le thorax et les poignets. Résultat ? Ceux qui disaient la vérité montraient un langage corporel différent de l’intervieweur alors que ceux qui mentaient avaient des gestes et des mimiques semblables à la personne devant eux. Selon Sophie van der Zee, les menteurs seraient alors victimes d’une surcharge cognitive. Ils auraient besoin d’une plus grande concentration pour mentir, les conduisant de façon inconsciente à adopter le langage corporel de la personne qui leur fait face. Les résultats ont été publiés dans la revue Royal Society Open Science.

Le chiffre

71 %

PHOTO WIKIPÉDIA

Requin océanique, espèce menacée

On savait déjà que de nombreuses espèces de requins connaissent un déclin important. Mais dans le cas du requin océanique, ce déclin rapproche l’espèce d’une éventuelle extinction. Dans une étude publiée dans Nature, des chercheurs de l’Université Simon Fraser ont établi que les populations de requins océaniques ont diminué de 71 % depuis 1970. Or, les grands requins comme l’océanique sont d’importants prédateurs de nos océans. Ce qui permet de réguler les écosystèmes. Mais le déclin ou la disparition d’un prédateur au sommet de la chaîne alimentaire entraîne nécessairement des conséquences parfois néfastes dans toute la chaîne alimentaire et pour la biodiversité marine. Selon les chercheurs, il reste peu de temps pour ralentir ce déclin qui touche aussi les différentes espèces de raies.

Glyphosate et microbiote

PHOTO JOSH EDELSON, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE

Le populaire Roundup, marque phare du géant Monsanto

S’il existe un produit controversé dans le monde des herbicides et pesticides, c’est bien le glyphosate, qu’on retrouve notamment dans le populaire Roundup, marque phare du géant Monsanto. La toxicité du produit pour l’humain ne fait pas l’objet d’un consensus scientifique bien que l’Organisation mondiale de la santé le classe comme un cancérigène probable. Sauf qu’une équipe de chercheurs internationaux a découvert que le glyphosate perturbe le microbiote intestinal chez les animaux, même à des doses considérées comme sans effet par les diverses agences de santé. L’herbicide produit des marqueurs de stress oxydatif dans le microbiote. L’étude publiée dans la revue Environmental Health Perspectives signale que d’autres recherches seront nécessaires pour établir les éventuelles conséquences sur la santé humaine.

Traits culturels et COVID-19

PHOTO PHILIP FONG, AGENCE FRANCE-PRESSE

Des piétons déambulent dans le quartier Ginza, à Tokyo, au Japon.

Comment expliquer que le Japon, avec ses 126 millions d’habitants, ne compte que 5000 morts dus à la COVID-19 alors que le Mexique, avec une population identique, a déjà enregistré 150 000 morts ? Des chercheurs ont adopté une approche différente pour tenter une explication. En résumé, les normes sociales et les traits culturels d’une société permettent de mieux comprendre les bilans parfois aux antipodes entre deux pays. Selon les chercheurs, des pays comme le Japon, la Chine, Singapour et l’Autriche qui ont vécu des épidémies, des catastrophes naturelles, la famine ou encore une invasion ont adopté des règles plus strictes pour mieux faire face à ces réalités. D’autres pays comme les États-Unis, l’Italie et le Royaume-Uni ont une approche moins restrictive. En entrevue avec le quotidien The Guardian, la professeure Michele Garland explique qu’une approche n’est pas supérieure à l’autre, sauf face à une pandémie. Les données recueillies ont montré que les sociétés plus permissives ont cinq fois plus de morts que celles qui sont plus strictes. L’étude a été publiée dans la revue Lancet Planetary Health.