Israël, leader mondial de la vaccination contre la COVID-19, nous offre une bonne nouvelle : le vaccin de Pfizer semble fonctionner dans le monde réel. Mais une autre étude vient de démontrer, noir sur blanc, que la pandémie exacerbe les inégalités, et une troisième confirme que les complications à l’accouchement sont bien réelles avec la COVID-19. Tour d’horizon de quelques études récentes.

Mathieu Perreault Mathieu Perreault
La Presse

14 jours après le vaccin

Avec plus du quart de sa population ayant reçu au moins une dose, Israël est à l’avant-garde en ce qui concerne les données « réelles » sur les effets de la vaccination. Un regroupement d’hôpitaux, Clalit, vient de dévoiler qu’au 14jour, les personnes vaccinées ont 33 % moins de risque d’avoir un test positif à la COVID-19. Ce résultat a été obtenu en comparant 200 000 personnes de plus de 60 ans ayant reçu le vaccin et 200 000 autres ne l’ayant pas encore reçu. Détail intéressant, aucune différence entre les deux groupes n’existait avant 13 jours après la vaccination. Une autre étude, dévoilée par un hôpital de la banlieue de Tel-Aviv, le Centre médical Sheba, va dans le même sens : une semaine après le vaccin, seulement 1 % des 200 patients suivis avaient un niveau élevé d’anticorps contre la COVID-19, mais ce seuil dépassait 50 % après deux semaines.

À noter, l’étude clinique sur le vaccin de Pfizer dénombrait les cas de COVID-19 avec symptômes, mais ne testait pas régulièrement les cobayes. Le communiqué de Pfizer du 10 décembre fait état d’un risque de 52 % d’avoir des symptômes importants de COVID-19 « entre la première et la deuxième dose », l’effet protecteur du vaccin se faisant sentir « à partir du 12e jour après la première dose ». La deuxième dose survenait 21 jours après la première.

Écart d’espérance de vie

La pandémie va faire croître l’écart d’espérance de vie entre Blancs et minorités aux États-Unis. Cet écart va passer de 3,6 à 5 ans entre la population blanche et la population noire, selon une étude californienne publiée jeudi dans la revue PNAS. En moyenne, l’espérance de vie à la naissance diminuera de 1,13 an aux États-Unis, et de 0,87 an à l’âge de 65 ans. Cela reflète l’impact disproportionné de la maladie chez les personnes âgées. Le déclin chez les Blancs est moins grand, soit de 0,68 an à la naissance, alors que les Afro-Américains perdent trois ans et les Latino-Américains, deux ans. Il s’agit du recul le plus important de l’espérance de vie aux États-Unis depuis 40 ans. L’écart d’espérance de vie entre Blancs et minorités diminuait depuis 2006, en raison de l’épidémie de dépendance aux opioïdes touchant surtout les Blancs, mais la pandémie a remis le compteur à zéro.

PHOTO RYAN REMIORZ, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Le recrutement de volontaires pour tester les médicaments contre la COVID-19 n’est pas facile, souligne le Centre universitaire de santé McGill.

Recrutement difficile

Même s’il y a 2000 cas positifs par jour, les études cliniques sur les médicaments contre la COVID-19 ne recrutent qu’une dizaine de patients par jour au Québec. « Avec autant de cas en Amérique du Nord, si on avait beaucoup de volontaires, on pourrait atteindre notre taille d’échantillon en quelques jours », explique Todd Lee, du Centre universitaire de santé McGill, qui participe à de nombreuses études sur des médicaments contre la COVID-19. « Mais ça n’a pas fonctionné jusqu’à maintenant. Si on arrivait à avoir 10 volontaires par jour au Québec, ce serait fantastique. Ça semble être un défi pour toutes les études de patients non hospitalisés, même dans le cas des études industrielles aux États-Unis. »

Prématurés

Les femmes qui accouchent avec la COVID-19 ont 20 % plus de risque de prééclampsie et de naissance prématurée, selon une étude de l’Université Harvard publiée vendredi dans la revue JAMA Internal Medicine. Le taux de mortalité s’est révélé faible chez la population à l’étude, seulement 9 des 6300 parturientes déclarées positives à la COVID-19 ayant rendu l’âme, mais il était tout de même 30 fois plus élevé que chez les femmes n’ayant pas contracté le virus. Le taux de césarienne était supérieur de 7 %. Une patiente sur 30 ayant accouché avec la COVID-19 a dû être envoyée aux soins intensifs, et 1,3 % a eu besoin d’un respirateur. Le groupe COVID-19 comportait beaucoup plus de membres de minorités ethniques, 71 % contre 43 % parmi les femmes ayant accouché sans la maladie. Les 406 000 femmes sur lesquelles a porté l’étude ont accouché entre les mois d’avril et de novembre.

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Le port de deux masques permet de mieux fixer le tout au visage et augmente la filtration jusqu’à plus de 90 %.

Deux masques plutôt qu’un

Il vaut mieux porter un masque chirurgical bleu et un masque artisanal que de porter un seul des deux. Telle est la recommandation d’une ingénieure spécialiste des masques de Virginia Tech, publiée dans la revue Med à la mi-janvier. La proposition de Linsey Marr‏, qui est souvent intervenue dans les débats sur les masques, a connu un certain écho dans le monde universitaire, au point que le New York Times a salué cette nouvelle tendance. Un masque artisanal porté avec un masque chirurgical permet de mieux fixer le tout au visage, et augmente la filtration jusqu’à plus de 90 %, ce qui correspond à l’efficacité des masques à trois épaisseurs.