On les voit dans les champs, sur les pistes de curling et cachés dans les branches mortes. Et bien évidemment dans les usines. Les robots quittent de plus en plus les laboratoires pour peupler le monde réel. Mais des avancées importantes sont encore nécessaires pour qu’ils fassent partie de notre quotidien.

Mathieu Perreault Mathieu Perreault
La Presse

Un champion du curling

PHOTO WON ET AL, FOURNIE PAR SCIENCE ROBOTICS

Le robot affrontant l’équipe nationale de curling sud-coréenne

Des robots ont battu l’équipe nationale de curling de la Corée du Sud, ont dévoilé l’été dernier dans Science Robotics des ingénieurs allemands et sud-coréens. Ces robots sont munis d’un système d’intelligence artificielle en accéléré qui leur permet d’apprendre la stratégie parfaite pour un match de curling après un seul tour de patinoire. Les robots ont battu l’équipe sud-coréenne trois fois en quatre matchs.

Le robot des vergers

PHOTO FOURNIE PAR ABUNDANT ROBOTICS

Le robo d’Abundant Robotics au travail

La firme californienne Abundant Robotics a annoncé l’automne dernier un troisième essai pilote de sa technologie de cueillette automatisée de pommes dans des vergers de l’État de Washington, qui produisent 60 % des pommes des États-Unis. Après un essai très médiatisé en Nouvelle-Zélande l’an dernier, Abundant Robotics avait annoncé un deuxième essai à l’automne 2019 dans l’État de Washington, puis une commercialisation aux États-Unis en 2020. Mais un deuxième essai clinique l’automne dernier a été nécessaire, et un troisième en 2021 le sera aussi. Le robot est conduit par un humain entre les rangées de pommiers, mais reconnaît et aspire dans un boyau flexible les pommes par lui-même. Les nombreux bris d’équipements du robot ont forcé le report de la commercialisation.

Un coléoptère caméraman

PHOTO MARK STONE, FOURNIE PAR L’UNIVERSITÉ DE WASHINGTON

Une caméra à faible consommation d’énergie montée sur un coléoptère

Des caméras minuscules peuvent filmer pendant six heures quand on les installe sur la carapace de coléoptères, ont démontré des ingénieurs de l’Université de Washington. Dans la revue Science Robotics, en juillet, ils ont exposé leur invention, une caméra capable de transmettre de une à cinq images par seconde à un opérateur situé à 120 mètres. Plutôt que de former une armée d’insectes caméramans, les chercheurs de Seattle proposent d’équiper des mini-robots de ces caméras, dont la faible consommation d’énergie permet aux robots de filmer tout en se déplaçant à 3 cm par seconde pendant 90 minutes. Cette vitesse, deux fois supérieure à celle des autres robots-insectes munis de caméras, permettrait d’inspecter des bâtiments risqués à faible coût.

Un essaim de nanorobots

PHOTO IYER ET AL, FOURNIE PAR SCIENCE ROBOTICS

Les nanorobots à mouvement chimique de l’Université Cornell

Des chercheurs américains ont mis au point un nouveau nanorobot, de la taille d’une bactérie, qui peut facilement fonctionner de manière autonome en essaim grâce à un nouveau nanocontrôleur optique et à de nouvelles pattes à propulsion chimique compatibles avec les puces actuelles. Ces robots, mis au point par l’Université Cornell et décrits en août dans la revue Nature, mesurent 0,1 mm et peuvent survivre dans des environnements très acides et à des variations de température de 200 degrés Celsius. Les pattes à propulsion chimique de ces robots sont activées par un laser. La prochaine étape est de mettre au point des fonctionnalités et des modalités de contrôle permettant à ces nanorobots d’être utiles dans les environnements industriels et naturels extrêmes.

Le camion russe

PHOTO FOURNIE PAR KAMAZ

Le camion autonome de Kamaz

On le dirait tout droit sorti du film Logan, la dernière aventure de Wolverine des X-Men. Le camion autonome qu’a commencé à tester dans les rues de villes russes le constructeur de camions russe Kamaz est un simple carré. L’objectif est de le déployer en Arctique. Sa forme est destinée à limiter à la taille d’un conteneur naval et ferroviaire l’empattement des camions de l’avenir.

La flexibilité des robots

PHOTO FOURNIE PAR L’UNIVERSITÉ CORNELL

Le capteur flexible de Cornell est utilisé pour les doigts de cette main robotique.

Les mains robotiques sont très difficiles à mettre au point, notamment parce que les mains humaines sont relativement flexibles, en particulier au niveau des doigts. Des chercheurs de l’Université Cornell ont affirmé en novembre dans Science avoir trouvé une partie de la solution à ce problème, avec des capteurs flexibles faits de fibre optique pliable. La première application de ces capteurs flexibles sera probablement la réalité augmentée.