Des chercheurs américains et japonais ont élucidé les secrets de l’arche du pied.

Mathieu Perreault Mathieu Perreault
La Presse

« Comprendre le fonctionnement du pied humain est important pour plusieurs applications médicales et industrielles », explique par voie de communiqué Mahesh Bandi, de l’Université d’Okinawa, qui est l’auteur principal de l’étude publiée fin février dans la revue Nature. « Par exemple, le diagnostic de pied plant ne tient compte que de l’arche médiale longitudinale, qui est bien étudiée, et pas de l’arche transversale. Notre étude de l’arche transversale pourrait aider à la conception de pieds robotiques industriels ou médicaux et permettre de comprendre l’évolution du bipédisme. »

L’arche transversale, comme son nom l’indique, traverse le pied dans le sens de la largeur. Les analyses publiées dans Nature montrent qu’elle soutient la moitié du poids du corps lors de la démarche, beaucoup plus que ce qui était présumé auparavant, et deux fois plus que l’arche médiale longitudinale, qui fait la longueur du pied.

Les chercheurs ont fait leurs travaux avec des pieds de cadavres, des simulations informatiques et des modèles plastiques et mécaniques. Ces modèles physiques du pied sont difficiles à comprendre pour un néophyte.

« Nous avons découvert que les arches transversales plus courbées sont plus dures et moins susceptibles de plier que les arches plus plates, dit M. Bandi. La courbature de l’arche médiale longitudinale avait peu d’effet sur sa résistance. »

En découpant l’arche transversale sur les modèles de pied et sur les cadavres, la résistance du pied diminuait de moitié.

L’homme est le seul primate à avoir un pied aussi courbé, ce qui facilite la marche et la course. Les chercheurs d’Okinawa et de l’Université Yale ont évalué que l’arche transversale moderne est apparue chez les ancêtres de l’homme moderne voilà 1,5 million d’années.