Des ingénieurs américains ont mis au point un procédé d’impression 3D « hybride », permettant d’insérer des structures et des molécules dans des êtres vivants.

Mathieu Perreault Mathieu Perreault
La Presse

« Nous les appelons matériaux hybrides vivants ou HLM », explique par voie de communiqué Rachel Soo Hoo Smith, du prestigieux Massachusetts Institute of Technology (MIT), qui est l’auteure principale de l’étude publiée fin janvier dans la revue Advanced Functional Materials. Le Media Lab du MIT ainsi que l’Institut du cancer Dana-Farber de Harvard ont été à l’avant-plan de ce projet.

Cette technique pourrait être utilisée pour fabriquer des vecteurs d’administration locale précise de médicaments ou des prothèses.

La preuve de concept, le test démontrant les capacités de cette technologie, consistait à l’incorporation de produits chimiques sur une membrane, puis à l’ajout, toujours par impression 3D, de microbes génétiquement modifiés activés par ces produits chimiques. L’activation des microbes GM provoquait leur phosphorescence. Des formes diverses, allant de disques à des masques faciaux, ont été testées.

Cette impression 3D hybride utilise une imprimante multijets commerciale et de trois à sept résines standards, qui permettent de traiter la matrice sur laquelle l’impression est faite. La composante biologique est infusée dans un gel à base d’eau. La matrice elle-même peut avoir des portions aux propriétés différentes, par exemple certaines absorbantes et d’autres hydrophobes. La portion vivante du HLM peut être conçue pour réagir à des stimuli de température ou de lumière plutôt que chimiques.

« Nous pouvons définir des formes et des distributions très spécifiques de HLM, qu’il s’agisse de couleurs ou de médicaments, à l’intérieur des matrices », dit Mme Smith. Cela devrait aider ce procédé à produire des objets se moulant au corps humain ou d’autres êtres vivants.