(Washington) Une grande partie de la diversité des espèces de chiens existait déjà à l’époque de la fin de la dernière période glaciaire, il y a environ 11 000 ans, révèle jeudi une étude s’étant intéressée à leur ADN et publiée dans la revue Science.

Agence France-Presse

Une équipe de chercheurs de l’institut Francis Crick de Londres a séquencé le génome de 27 chiens, dont des fragments de squelettes vieux de 11 000 ans, et dont certains vivaient en Europe, au Proche-Orient et en Sibérie.  

À l’époque, bien avant la domestication d’autres espèces animales, il existait au moins cinq races de chien avec des origines génétiques distinctes.

« Certaines des différences que vous voyez en observant des chiens dans la rue viennent de la période glaciaire », résume le généticien Pontus Skoglund, un des principaux auteurs de l’étude.

« À la fin de cette période, les chiens étaient déjà largement dispersés à travers l’hémisphère Nord ».

Les chiens descendent des loups, mais le débat n’est pas encore tranché sur la date exacte de cette évolution (qui s’est produite durant une période vieille d’entre 25 000 et 40 000 ans).

Cette nouvelle étude n’entre pas dans ce vaste débat, mais conforte l’idée qu’il n’y a « qu’une seule origine » de l’évolution du loup au chien.

Tous les chiens ont donc probablement une origine commune, « une espèce de loups ancienne et non disparue ».

Les données ADN prélevées sur des ossements permettent notamment de déterminer que les chiens européens il y a environ 4000 ans étaient très différents les uns des autres, mais que cette diversité s’est perdue à travers le temps.

« Bien que les chiens européens d’aujourd’hui aient des tailles et formes variées, génétiquement ils viennent d’un sous-ensemble dont la diversité est beaucoup plus limitée que ce qu’il y avait avant », explique un autre auteur de l’étude, Anders Bergstrom.

Les chiens ont pu évoluer de la même manière que les humains.

Ces derniers ont plus de copies d’un gène créant une enzyme digestive appelée amylase salivaire que les chimpanzés, par exemple.

Et de la même manière, les chiens ont plus de copies de ce gène que les loups, une tendance qui s’est accentuée quand leur régime s’est adapté à la vie agricole.  

« Comprendre l’histoire des chiens nous permet non seulement de comprendre la leur, mais également la nôtre », explique Anders Bergstrom.