La conquête de l’espace de l’entreprise montréalaise NorthStar Ciel et Terre commence à se concrétiser. L’entreprise amorce la construction de ses trois premiers satellites, qui seront chargés de contrôler la circulation dans l’espace.

Jean-François Codère Jean-François Codère
La Presse

« C’est une étape très importante dans l’évolution de notre entreprise », note le président et chef de la direction de NorthStar, Stewart Bain. « On commence à sortir de l’état de startup, on commence à être réels, on commence à fabriquer quelque chose. »

NorthStar, dont l’actionnaire principal est Charles Sirois, prévoit ainsi devenir la première entreprise en mesure de « gérer le trafic » dans l’espace, depuis l’espace. La multiplication des satellites et débris orbitant autour de la Terre au cours des dernières années a multiplié les risques de collisions, lesquelles aggravent le problème en créant des débris.

Plusieurs de ces objets tournant autour de la Terre sont trop petits pour être suivis depuis le sol. Une surveillance depuis l’espace élimine aussi les tracas liés à l’obscurité ou à l’obstruction des nuages et permet de suivre tous les types d’orbites, qu’elles soient hautes, basses, géostationnaires, etc.

Les trois satellites, dont le coût n’a pas été dévoilé, seront fabriqués par Thales Alenia Space, dont les actionnaires Thales et Leonardo sont aussi actionnaires de NorthStar, et LeoStella, de Seattle. Ils seront basés sur des modèles de satellites déjà existants, pour en limiter le prix, et devraient pouvoir être lancés dès 2022.

NorthStar entend éventuellement déployer neuf autres satellites identiques, pour porter sa constellation destinée à la surveillance de l’espace à douze d’ici 2024.

PHOTO ALAIN ROBERGE, LAPRESSE

Stewart Bain, président et chef de la direction de NorthStar.

Deuxième option

Le déploiement de cette constellation est vu comme une étape devant permettre à NorthStar d’établir sa crédibilité afin de pouvoir ensuite réaliser la totalité de son plan d’affaires, qui comporte tout un autre pan.

Fermiers, oléoducs et garde-forestiers font partie de la clientèle visée dans ce second plan. Une quarantaine d’autres satellites équipés de caméras hyperspectrales seraient déployés dans cet objectif. Leurs images seraient analysées par des systèmes propulsés par l’intelligence artificielle, qui seraient capables de mesurer l’irrigation d’un champ pour le compte d’un fermier, détecter une fuite dans un oléoduc ou repérer les risques d’incendie dans une forêt.

Selon M. Bain, bien que le développement technologique nécessaire à ce deuxième volet soit complété, la commercialisation s’est montrée plus difficile que prévu.

« La première étape, pragmatique, c’est qu’on doit créer une société qui va générer un chiffre d’affaires basé sur un service qui est dans l’espace, ce qui va nous donner de la crédibilité, qui va montrer à tout le monde qu’on peut livrer comme on l’a décrit », explique M. Bain.