Grâce à l’intelligence artificielle, il est possible pour un algorithme de distinguer différents individus d’une même espèce d’oiseaux. Cela offre des possibilités énormes pour l’étude de leurs comportements.

Mathieu Perreault Mathieu Perreault
La Presse

« Nous montrons que les ordinateurs peuvent reconnaître presque sans faille des douzaines d’individus, même si un humain n’y parvient pas », explique par voie de communiqué André Ferreira, du Centre d’écologie fonctionnelle et évolutive à Montpellier en France, qui est l’auteur principal de l’étude publiée à la mi-juillet dans la revue Methods in Ecology and Evolution. « Cela élimine l’une des principales limites à l’étude des oiseaux sauvages. »

Les biologistes français, qui ont travaillé avec des collègues portugais, allemands et sud-africains, ont nourri l’algorithme de milliers de photos d’oiseaux identifiés par des marques électroniques, sous plusieurs angles. Les algorithmes ont pu distinguer les individus grâce aux motifs de leur plumage, des traces trop subtiles pour les humains. Les oiseaux étudiés étaient des espèces suivantes : le républicain social, la mésange charbonnière et le diamant mandarin.

Le taux de succès de l’algorithme avec d’autres individus des mêmes espèces était de 90 %.

PHOTO FOURNIE PAR ANDRÉ FERREIRA

Une mésange charbonnière se nourrissant à une mangeoire utilisée pour l’étude, avec des surimpressions d’identification par l’algorithme.

« La reconnaissance des différents individus d’une même espèce est essentielle pour étudier les populations d’animaux sauvages, leur processus d’adaptation et leur comportement », conclut le communiqué.

L’identification d’individus est possible pour des compagnies comme Facebook, qui ont accès à des millions de photographies où les individus ont été volontairement identifiés par les utilisateurs. Les biologistes de Montpellier ont reproduit cette approche en se fiant aux bracelets électroniques que portent beaucoup des espèces d’oiseaux sauvages couramment étudiées. Une antenne près d’une mangeoire reconnaissait l’individu par son bracelet électronique et activait alors une caméra.