Des archéologues australiens ont découvert les premiers sites sous-marins autochtones du pays-continent. Ils datent d’au moins 7000 ans.

Mathieu Perreault Mathieu Perreault
La Presse

« Peu de gens se rendent compte que plus de 30 % de la surface de l’Australie préhistorique a été inondée quand le niveau mondial des océans a monté après la dernière glaciation », expliquait début juillet par voie de communiqué Jonathan Benjamin, de l’Université Flinders à Adélaïde, qui est l’auteur principal de l’étude publiée dans la revue PLOS ONE. « Cela signifie qu’une bonne partie des traces archéologiques des autochtones se trouvent sous l’eau. Nous apportons la première preuve que ces traces ont survécu à la montée des eaux. C’est la dernière frontière de l’archéologie australienne. »

Plus de deux millions de kilomètres carrés d’eaux côtières devraient être protégés pour assurer la pérennité des sites sous-marins, selon M. Benjamin. Les deux sites étudiés, sur la côte Pilbara dans le nord-est du pays, étaient situés dans une plaine qui s’étendait à 160 km au large des côtes actuelles.

Les chercheurs de Flinders ont retrouvé 269 silex dans une dizaine de sites du cap Bruguières, après avoir examiné une cinquantaine de sites. Ces artefacts ont au moins 7000 ans, peut-être beaucoup plus, et se trouvaient à une profondeur maximale de 2,4 m.

Dans une région voisine, un détroit appelé Flying Foam entre deux îles de l’archipel Dampier, des dizaines de silex datant d’au moins 8500 ans ont été retrouvés à une profondeur maximale de 14 m.