Quelques milligrammes de toute l’actualité scientifique de la semaine.

Mathieu Perreault Mathieu Perreault
La Presse

Compter les poissons dans une tasse d’eau

Des chercheurs japonais ont réussi à calculer la quantité de poisson dans une baie en analysant les traces de matériel génétique dans des échantillons d’eau. Cette technique qui pourrait révolutionner la gestion des pêcheries doit tenir compte des courants, écrivaient début juillet les chercheurs nippons dans la revue Molecular Ecology. Ils sont arrivés à des résultats supérieurs de 50 % à la biomasse réelle du poisson étudié, un maquereau, mais les résultats du décompte traditionnel et de l’estimation génétique n’étaient pas statistiquement différents.

Quiz

Q. Quelle nouvelle cause expliquerait la chute de la République de la Rome antique ?

R. La mégaéruption du mont Okmok, dans les îles Aléoutiennes en Alaska, qui a duré de 43 à 41 avant Jésus-Christ. Des géologues danois, suisses et américains ont reconnu la signature du volcan dans des carottes glaciaires du Groenland. Selon leurs calculs, publiés début juillet dans la revue PNAS, la mégaéruption a fait chuter de 7 °C la température moyenne de la planète pendant ces deux années. L’hypothèse volcanique avait été évoquée pour expliquer la chute de la République, traditionnellement attribuée à la dictature puis l’assassinat de Jules César, ainsi que du royaume des Ptomélées en Égypte.

PHOTO INSTITUT SMITHSONIAN

Le mont Okmok, en Alaska

ILLUSTRATION TIRÉE DE WIKIMEDIA COMMONS

La mort de César selon Vincenzo Camuccini

Le chiffre

29 000 ans

PHOTO UNIVERSITÉ FLINDERS

Amas préhistoriques de coquillages sur la rive du Murray

C’est le moment de l’arrivée des humains dans le sud de l’Australie, selon une nouvelle étude de l’Université Flinders. Cela signifie qu’il a fallu entre 10 000 et 20 000 ans pour les humains, arrivés dans le nord d’Océanie, pour coloniser toute l’île-continent. Publiée dans la revue Australian Archeology au début juillet, la conclusion est tirée de l’analyse d’amas de coquillages consommés par les humains, près d’Adélaïde.

Les gènes du cannibalisme

Des chercheurs chinois et allemands ont repéré les gènes du cannibalisme chez une espèce de poisson d’eau douce, du genre Sinipercidae, dont certaines variantes mangent leurs propres juvéniles et d’autres non. Publiées dans la revue Communications Biology au début juillet, leurs analyses montrent que 32 gènes sur 20 000 expliquent cette particularité, qui a un intérêt marqué pour l’aquaculture d’eau douce, très importante en Asie.

PHOTO UNIVERSITÉ AGRICOLE DE HUAZHONG

Cannibalisme chez Sinipercidae chuatsi

Une queue de sodium

La queue des comètes est surtout faite de sodium, du moins à son extrémité, selon une nouvelle analyse américaine des données d’un télescope conçu pour analyser le volcanisme sur les lunes de Jupiter. L’instrument, situé à l’Institut de science planétaire en Arizona, a croqué la comète Neowise alors qu’elle s’approchait du Soleil le 8 juillet, et a constaté que la poussière de sodium s’étendait bien plus loin que la poussière de roche, dans la queue de la comète. C’est ce qui donne sa couleur jaunâtre, similaire à celle des lampadaires de la fin du XXsiècle, à la queue des comètes.

IMAGES JEFFREY MORGENTHALER, CARL SCHMIDT

À gauche, la poussière de roche, à droite les atomes de sodium