Les paresseux sont lents, mais ne dépensent pas beaucoup d’énergie. Des ingénieurs d’Atlanta ont exploité ces caractéristiques pour concevoir un robot d’observation faunique et de mesure climatologique.

Mathieu Perreault Mathieu Perreault
La Presse

« SlothBot est basé sur le principe de la lenteur », explique par voie de communiqué Magnus Egerstedt, de l’Université Georgia Tech, qui teste son robot-paresseux cet été au Jardin botanique de la capitale de l’État. « Ce n’est pas ainsi que la plupart des robots sont conçus de nos jours. Mais la lenteur et l’hyperefficacité énergétique permettront à SlothBot d’observer des phénomènes durant des mois, voire des années. »

PHOTO FOURNIE PAR ROB FELT, GEORGIA TECH

SlothBot avec l’équipe de Georgia Tech qui l’a conçu, au Jardin botanique d’Atlanta.

Ces phénomènes vont de l’activité des pollinisateurs aux interactions entre flore et faune. Un SlothBot pourrait détecter les premiers signes d’une nouvelle maladie botanique ou d’une infestation d’insectes. Le premier test sur le terrain sera en Amérique du Sud, pour observer la pollinisation des orchidées et des espèces de grenouilles en voie de disparition.

SlothBot se déplace sur un câble de 30 mètres tendu entre deux arbres et transmet des données de température, entre autres variables météorologiques, ainsi que des données climatiques comme les niveaux de CO2. Le robot mesure un mètre et est programmé pour rechercher la lumière du soleil quand ses batteries ont besoin d’être rechargées. Dans la nature, il pourra passer d’un câble à un autre grâce à ses pattes.

M.  Egerstedt a eu l’idée d’un tel robot en observant des paresseux dans un vignoble du Costa Rica pendant ses vacances. Leur lenteur lui a fait penser aux rovers d’exploration martienne qui restent actifs pendant plus de dix ans grâce à la parcimonie de leurs mouvements.