Quelques milligrammes de toute l’actualité scientifique de la semaine

Philippe Mercure Philippe Mercure
La Presse

La génétique pour assembler les manuscrits de la mer Morte

Le casse-tête fait travailler les archéologues depuis des décennies. Les manuscrits de la mer Morte sont une série de plus de 25 000 fragments provenant de nombreux manuscrits retrouvés dans des grottes près de la mer Morte. Retrouvés dans les années 1940 et 1950, ils sont considérés comme l’une des plus grandes découvertes archéologiques. On y trouve notamment les plus anciennes copies de la Bible hébraïque. Le hic : les manuscrits sont en morceaux, et savoir quels morceaux doivent être assemblés avec lesquels est un gigantesque puzzle. Or, des chercheurs de l’Université de Tel-Aviv viennent de proposer une méthode basée sur la génétique. Comme les manuscrits ont été écrits sur des peaux de moutons et de vaches, les scientifiques font valoir que les fragments provenant du même animal doivent être liés, et que ceux d’animaux génétiquement proches datent de la même époque et de la même région. La méthode a été proposée dans le journal Cell.

Quiz science

Q. Comment voyagent certains micro-organismes dans l’océan ?

PHOTO FOURNIE PAR MATTHEW WARE, FLORIDA STATE UNIVERSITY

Une étonnante diversité de micro-organismes vit sur la carapace de tortues de mer dites caouannes.

R. À dos de tortue ! Une étude publiée dans le journal Diversity montre qu’une étonnante diversité de micro-organismes vit sur la carapace de tortues de mer appelées caouannes. Les bestioles découvertes, deux fois plus nombreuses que prévu, vont de 1 mm à 0,032 mm. Le fait qu’elles vivent sur la carapace de ces animaux mobiles aide à expliquer pourquoi les mêmes micro-organismes se retrouvent dans des régions très éloignées les unes des autres.

Le chiffre : 23 millions d’années

PHOTO FOURNIE PAR A. HOPE JAHREN

Les chercheurs ont analysé les tissus de plantes fossilisées comme celle-ci pour déterminer la concentration de CO2 dans l’air à travers les âges.

C’est le temps qu’il faut remonter pour trouver une concentration de CO2 dans l’atmosphère aussi élevée que celle d’aujourd’hui, selon une étude publiée dans le journal Geology. On considérait jusqu’à maintenant que la concentration actuelle était la plus élevée en 800 000 ans. Les chercheurs ont tiré cette conclusion en analysant les tissus de plantes fossilisées (comme sur la photo), qui sont sensibles à la concentration de CO2 dans l’air.

Les secrets de Jeremy l’escargot mis au jour

PHOTO FOURNIE PAR SHANTHI DAVISON

Contrairement aux autres escargots, les spirales de la carapace de Jeremy s’enroulent dans le sens inverse des aiguilles d’une montre.

Jeremy est un escargot britannique bien spécial : les spirales de sa carapace s’enroulent dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, contrairement aux autres. Le fait que ses organes génitaux se trouvent du « mauvais » côté fait aussi en sorte qu’il est difficile pour lui de se reproduire. Des chercheurs ont lancé un appel au public afin d’essayer de lui trouver un partenaire. Pas moins de 40 escargots « antihoraires » ont ainsi été trouvés. En s’accouplant ensemble, ces escargots, dont Jeremy, ont produit 15 000 œufs et engendré quatre générations de descendants. L’analyse de tous ces animaux permet aux scientifiques de déduire qu’une carapace dont la spirale s’enroule dans le sens antihoraire n’est pas une caractéristique transmissible génétiquement, mais plutôt un « accident de développement ». La recherche a été publiée dans Biology Letters.

L’origine du lithium dans le cosmos

PHOTO FOURNIE PAR DAVID A. HARDY

La majorité du lithium est formée dans des explosions d’étoiles qu’on appelle des « novae classiques », selon une nouvelle étude.

Il fait fonctionner les piles de nos téléphones intelligents, propulse les voitures électriques et peut même être utilisé pour traiter certains désordres psychiatriques. Le lithium est un élément fortement demandé dans nos sociétés, et des chercheurs américains viennent de lever le voile sur la façon dont cet élément se forme dans le cosmos. Leur étude, publiée dans Astrophysical Journal, montre que la majorité du lithium est formée dans des explosions d’étoiles qu’on appelle des « novae classiques ». Une nova classique se forme lorsqu’une étoile se met à tourner autour d’une étoile plus petite appelée naine blanche. Des gaz provenant de la plus grosse étoile tombent sur la naine blanche, ce qui finit par provoquer une explosion. Des réactions nucléaires ont lieu lors de cette explosion, fabriquant le lithium, qui est ensuite projeté dans le cosmos. Cette image montre une représentation d’artiste du phénomène.