L’hydroxychloroquine ne protège pas les personnes exposées au SRAS-CoV-2, le coronavirus de la COVID-19. C’est la conclusion d’une nouvelle étude à laquelle ont participé des chercheurs montréalais.

Mathieu Perreault Mathieu Perreault
La Presse

« Alors que nous avions l’espoir que ce médicament fonctionnerait dans ce contexte, notre étude démontre que l’hydroxychloroquine n’est pas meilleure que le placebo lorsqu’elle est utilisée comme prophylaxie post-exposition dans les quatre jours suivant l’exposition à une personne infectée par le nouveau coronavirus », a déclaré par voie de communiqué Todd Lee, de l’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill (IR-CUSM), qui est l’un des coauteurs de l’étude publiée mercredi dans le New England Journal of Medicine.

L’hydroxychloroquine est un médicament utilisé contre la malaria et certaines maladies autoimmunes, comme l’arthrite rhumatoïde. Elle a été vantée comme médicament miracle contre la COVID-19 par un chercheur français, Didier Raoult, mais les études avec placebo publiées jusqu’à maintenant n’ont pas confirmé cette théorie. La semaine dernière, une étude négative publiée dans la revue The Lancet a été attaquée sur le plan méthodologique par de nombreux chercheurs, y compris des chercheurs sceptiques à propos des vertus anti-COVID-19 de l’hydroxychloroquine.

Les chercheurs montréalais ont travaillé avec des collègues du Manitoba, de l’Alberta et de l’Université, d’où a été dirigée l’étude regroupant 821 adultes asymptomatiques ayant été exposés à la maison ou dans un milieu de soins à une personne atteinte de la COVID-19. L’âge moyen des participants était de 40 ans. La moitié d’entre eux ont reçu un placebo. Un peu moins de 15 % ont eu la maladie ou ses symptômes, et aucun n’est mort.

Les mêmes chercheurs continuent une étude sur l’utilisation de l’hydroxychloroquine comme traitement précoce de la COVID-19, et comme prophylaxie pré-exposition chez des populations à haut risque, par exemple des personnes âgées, exposées au coronavirus.