(Moscou) Le chef de l’agence spatiale russe, Dmitri Rogozine, a accusé samedi la société américaine SpaceX d’Elon Musk de casser les prix des lancements commerciaux, contraignant la Russie à revoir ses tarifs à la baisse.

Agence France-Presse

« Au lieu d’une compétition honnête sur le marché des lancements spatiaux, ils font du lobbying pour des sanctions à notre encontre, et font du dumping sur les prix en toute impunité », a écrit M. Rogozine sur Twitter.

M. Rogozine a évoqué cette question vendredi avec le président Vladimir Poutine.

L’agence russe Roskosmos « s’efforce de réduire les prix de plus de 30 % sur les lancements pour augmenter notre part sur le marché mondial », a-t-il dit à M. Poutine.

« C’est notre réponse au dumping de compagnies américaines financées par le budget américain », a-t-il ajouté.

Le prix commercial pour un lancement par SpaceX est de 60 millions de dollars US, mais la NASA paie jusqu’à quatre fois plus cher, a-t-il affirmé.

Elon Musk a répondu à ces critiques samedi, expliquant que « les fusées de SpaceX sont réutilisables à 80 %, alors que pour les leurs c’est 0 ».

« Là est le vrai problème », a-t-il ajouté.

SpaceX doit acheminer le mois prochain des astronautes vers la Station spatiale internationale pour la première fois, avec un lanceur Falcon 9 réutilisable.

Elon Musk a par ailleurs annoncé le mois dernier qu’il pourrait proposer le transport de touristes de l’espace vers l’ISS l’année prochaine.

M. Rogozine affirme que la tarification de SpaceX n’est possible que grâce à un financement par le Pentagone.

La Russie était restée la seule, avec ses lanceurs Soyouz de conception soviétique, à pouvoir acheminer les équipages de l’ISS depuis que les États-Unis ont cessé de faire voler leurs navettes spatiales en 2011. Moscou ferait payer ces services à la NASA 70 millions de dollars US par astronaute.

En 2014, M. Rogozine avait ironisé sur la dépendance des États-Unis dans ce domaine, suggérant que le cas échéant la NASA envoie ses astronautes sur l’ISS « avec un trampoline », après que Washington avait adopté de nouvelles sanctions contre la Russie visant notamment certains domaines spatiaux.