Quelques milligrammes de toute l’actualité scientifique de la semaine

Philippe Mercure
Philippe Mercure La Presse

Les bienfaits de rester dans les jupes de maman

Une maman, c’est précieux et pour longtemps – nos plus proches cousins en font la démonstration. En analysant des données qui s’échelonnent sur 50 ans et récoltées en Tanzanie par des équipes de la célèbre primatologue Jane Goodall, des chercheurs américains montrent que les chimpanzés qui bénéficient encore de la présence de leur mère à l’adolescence ont un meilleur taux de survie que les autres. Fait intéressant, l’effet est plus marqué pour les fils que pour les filles. Les chercheurs ignorent exactement de quelle façon les mères favorisent la survie de leurs fils, mais supposent qu’elles continuent à leur enseigner les choses de la vie comme les façons d’éviter les prédateurs et de trouver de la nourriture. Les jeunes adultes chimpanzés se tournent d’ailleurs vers leur maman lorsqu’ils cherchent du réconfort, par exemple après avoir été blessés lors d’affrontements avec d’autres mâles. Les recherches ont été publiées dans Behavioral Ecology and Sociobiology.

Quiz science

Q. Quel objet inusité les scientifiques utilisent-ils pour comprendre le passé de la Terre ?

PHOTO FOURNIE PAR ROB HARBERT

Les nids de rat comme celui-ci peuvent se préserver pendant des milliers d’années.

R. Des nids de rats. Les rats porteurs (Neotoma), appelés pack rats en anglais, construisent des nids avec des bouts de plantes, des fragments d’insectes, des os et des excréments, qu’ils lient ensemble avec leur urine visqueuse. Or, il s’avère que ces nids peuvent se préserver pendant des milliers d’années. Dans une étude publiée dans Ecology and Evolution, des chercheurs expliquent qu’on peut en extraire de l’ADN pour remonter dans le temps et tirer plein d’informations sur l’époque et l’endroit où ont été construits les nids.

Découverte d’une cigale « velue »

PHOTO FOURNIE PAR ALEXANDRE DEMERS-POTVIN

Une nouvelle espèce de « cigale velue » a été identifiée à partir de cette aile d’insecte fossilisée dans une mine abandonnée du Labrador.

Une nouvelle espèce de « cigale velue » a été identifiée par des chercheurs de l’Université McGill à partir d’une aile d’insecte fossilisée dans une mine abandonnée du Labrador. L’insecte a vécu il y a 100 millions d’années, soit avant l’apparition des dinosaures. Il a été baptisé Maculaferrum blaisi en l’honneur de Roger A. Blais, qui a mené la première étude sur la formation géologique de Redmont où a été faite la découverte. Décrite dans la revue Acta Palaontologica Polonica, la nouvelle cigale témoigne de la biodiversité du crétacé, une époque où s’est produite une explosion des plantes à fleurs et des insectes pollinisateurs qui sont à l’origine de la faune et de la flore d’aujourd’hui.

4,2 %

PHOTO ARCHIVES REUTERS

Selon une étude, ce sont les femmes et les aînés, notamment, qui ont augmenté leur consommation de cannabis.

En 2018, c’est la proportion des adultes américains qui ont affirmé avoir consommé du cannabis au cours de la dernière année, une augmentation spectaculaire par rapport au chiffre de 2,4 % en 2015. Dans un article publié dans JAMA Internal Medecine, les chercheurs montrent que l’augmentation ne vient pas des gens qui souffrent de maladies chroniques. Ce sont plutôt les femmes, les aînés aux revenus élevés, ceux qui appartiennent à des minorités ethniques et ceux qui souffrent de maladies mentales qui ont augmenté leur consommation.

Un « robot-linguine » pour attraper les méduses

PHOTO FOURNIE PAR ANAND VARMA

Ce nouveau type de robot est destiné à attraper et étudier des méduses dans les profondeurs, évitant ainsi de les remonter à la surface.

Des chercheurs américains ont inventé un nouveau type de robot aux doigts « souples et rappelant des linguines » destiné à attraper des méduses. Dans une étude publiée dans Current Biology, ils montrent que les méduses capturées avec ce nouveau robot expriment moins de gènes liés au stress que celles attrapées avec des pinces traditionnelles. Les biologistes marins croient que le nouveau robot aidera à effectuer des tests médicaux et même des analyses génétiques chez les méduses directement au fond des mers, sans devoir les ramener à la surface. Les auteurs estiment que de tels robots pourraient aussi avoir des applications sur Terre, par exemple pour cueillir des fruits sans les endommager ou réhabiliter les muscles de patients victimes d’AVC.

Le télescope Hubble pour l’égalité hommes-femmes

PHOTO FOURNIE PAR LA NASA

Le téléscope Hubble

Obtenir du temps d’observation sur le célèbre télescope spatial Hubble n’est pas facile, et particulièrement pour les femmes scientifiques. En analysant 15 545 demandes, des chercheurs ont constaté que le taux d’acceptation s’élève à 23 % pour les chercheurs masculins, contre 19 % pour leurs collègues féminines. Suspectant un biais, le comité chargé d’évaluer les demandes a fait une expérience. Il a demandé aux chercheurs de soumettre leur demande en décrivant seulement leur projet de recherche, sans fournir de détails sur les scientifiques qui sont derrière. Résultat : les projets dont la chercheuse principale était une femme ont obtenu un taux d’acceptation légèrement supérieur à celui des hommes. « Les décisions ont été prises de la façon la plus équitable qui soit, en se basant sur la science », a commenté par communiqué Stefanie K. Jonhson, l’une des auteures de l’étude. Celle-ci a été publiée dans Publications of the Astronomical Society of the Pacific.