La NASA a testé la semaine dernière le plus grand réservoir de carburant au monde. Le réservoir a succombé après avoir été soumis pendant cinq heures à une pression 2,6 fois plus grande que celle qu’il connaîtra lors des lancements de la fusée Orion, qui amènera des astronautes vers la Lune.

Mathieu Perreault Mathieu Perreault
La Presse

« Nous avons amené le réservoir à son extrême limite et l’avons détruit », explique par voie de communiqué Neil Otte, ingénieur en chef du bureau des étages du Système de lancement spatial (SLS) au centre spatial Marshall en Alabama. « Pousser les systèmes au-delà de leur limite nous donne des données supplémentaires pour construire des fusées de façon intelligente. Nous allons nous servir du SLS pendant des décennies. Détruire le réservoir de carburant nous permet d’assurer la sécurité et l’efficacité du SLS pour toutes les missions qu’il sera amené à remplir. »

Les ingénieurs appellent cette approche « tester jusqu’à l’échec » (test-to-failure). Le réservoir a été soumis à ces pressions énormes, équivalentes à plusieurs centaines de milliers de fois la pression atmosphérique, avec des pistons hydrauliques géants.

Une firme de Laval a fabriqué les vérins hydrauliques où sont situés les pistons. « Il y a 24 vérins hydrauliques en-dessous qui poussent pour faire la simulation de l’attraction terrestre au décollage », explique Terry Allardin, ingénieur chez Cylindres Starcyl à Laval.

Le réservoir était équipé de milliers de capteurs enregistrant le cisaillement, la pression et la température de ses différentes sections, alors que des caméras et des microphones surveillaient l’apparition de fissures.

« La fissure est survenue à 3 % de la limite opérationnelle prévue, ce qui nous rassure quant à la validité de ces prédictions de solidité structurelles », a précisé Luke Denney, responsable des tests pour la compagnie Boeing, qui construit le SLS.

Le SLS amènera la capsule habitée Orion vers la station orbitale lunaire Gateway. Le programme Artemis prévoit ensuite un alunissage habité, comprenant au moins une femme et un homme, en 2024. Le SLS servira aussi pour les missions humaines plus loin dans le Système solaire, notamment sur Mars.

Une version antérieure de ce texte ne contenait pas la mention de la contribution de la compagnie Cylindres Starcyl de Laval à ces tests de la NASA.