Quelques milligrammes de toute l’actualité scientifique de la semaine

Philippe Mercure Philippe Mercure
La Presse

Notre Soleil vu de près

Plonger droit en enfer : c’est ce que fait la sonde solaire Parker de la NASA, qui s’est approchée plus près du Soleil que tout autre engin. Les premières analyses ont été révélées cette semaine dans quatre articles publiés dans la revue Nature. Elles décrivent un astre plus complexe que prévu. Parker montre que le vent solaire, ce flot de plasma qui parvient jusqu’à la Terre, est beaucoup plus « impulsif et instable » près de l’astre. Le Soleil est aussi entouré d’une quantité incroyable de poussière, provenant des débris générés par les collisions qui ont donné naissance aux planètes il y a des milliards d’années. Or, près du Soleil, la haute température transforme ces poussières en gaz, créant une zone libre de poussières que Parker a observée pour la première fois. D’autres découvertes sont attendues, la sonde n’ayant réalisé que 3 de ses 24 passages prévus près du Soleil.

Quiz science

Q. Quel curieux effet a le réchauffement du climat sur les oiseaux ?

PHOTO BEN MARKS FOURNIE PAR LE FIELD MUSEUM

Les chercheurs du Field Museum ont noté que les corps des oiseaux récoltés, peu importe l’espèce, rapetissaient au fil des ans, tandis que leurs ailes grandissaient.

R. Il les fait rapetisser ! Depuis 1978, des chercheurs du Field Museum de Chicago récoltent les oiseaux morts qui se heurtent à leurs fenêtres et les mesurent. Ils ont noté que les corps de ceux-ci, peu importe l’espèce, rapetissaient au fil des ans. Selon eux, le réchauffement climatique fait en sorte que les oiseaux ont besoin de corps moins gros pour générer moins de chaleur. En contrepartie, la taille des ailes augmente afin de permettre aux oiseaux de migrer malgré de plus petits corps générant moins d’énergie.

La calotte glaciaire du Groenland fracturée

Des images captées par des drones modifiés pour résister aux conditions extrêmes de l’Arctique montrent que la calotte glaciaire du Groenland, la deuxième du globe en superficie, est en train de se fissurer et de devenir instable. L’eau de fonte qui se forme à la surface en immenses quantités est montrée du doigt. Cette eau s’infiltre dans les interstices de la glace, provoquant leur expansion et formant de nouvelles fractures. Les travaux ont été publiés dans National Academy of Sciences.

PHOTO FOURNIE PAR TOM CHUDLEY

La calotte glaciaire du Groenland, la deuxième du globe en superficie, est en train de se fissurer et de devenir instable sous l’effet du réchauffement climatique.

37 milliards de tonnes

C’est la quantité de CO2 qui sera émise par l’être humain cette année, en hausse de 0,6 % par rapport à l’an dernier. Ces calculs ont été publiés simultanément dans trois revues scientifiques, dont Nature Climate Change. Mince consolation, l’augmentation s’avère moindre que celle observée l’an dernier (+ 2,1 %). Les chercheurs l’expliquent par une croissance économique plus faible et par un déclin « substantiel » de l’utilisation du charbon aux États-Unis et en Europe.

PHOTO ARCHIVES ASSOCIATED PRESS

La quantité de CO2 émise par l’être humain cette année est en hausse de 0,6 %, à 37 milliards de tonnes. C’est une augmentation moins élevée que l’année précédente (2,1 %) en raison notamment du déclin de l’utilisation du charbon.

Des « erreurs » de partenaires font naître de nouvelles espèces

Un éclairage tamisé, un mâle paré de ses plus beaux atours, et qui sait ce qui peut arriver. Des chercheurs britanniques ont montré en laboratoire que des poissons femelles peuvent accepter les avances d’un mâle d’une autre espèce si celui-ci a des couleurs similaires à celles de son espèce, ou s’il fait trop sombre pour y voir clair. Les chercheurs ont mené leurs études sur des poissons africains de la famille des cichlidés, qui compte pas moins de 1300 espèces différentes. Selon eux, cette diversité s’explique par le fait que ces hybridations se sont aussi produites dans la nature. Ils ont d’ailleurs découvert 40 nouvelles espèces de cichlidés dans le lac Mweru, situé à la frontière de la Zambie et de la République démocratique du Congo. Les recherches ont été publiées dans Nature Communications.

PHOTO FOURNIE PAR OLE SEEHAUSEN

Selon des chercheurs britanniques, des poissons femelles peuvent accepter les avances d’un mâle d’une autre espèce si celui-ci a des couleurs similaires à celles de son espèce, ou s’il fait trop sombre pour y voir clair.