Des astrophysiciens européens ont observé pour la première fois une planète géante en orbite autour d’une étoile naine blanche.

Mathieu Perreault Mathieu Perreault
La Presse

« Ça a été de la pure chance », a affirmé par voie de communiqué Boris Gänsicke, de l’Université de Warwick en Angleterre, qui est l’auteur principal de l’étude publiée cette semaine dans la revue Nature. « Quand nous avons analysé ce système solaire, nous avons vu qu’un phénomène exceptionnel devait y avoir lieu et spéculé qu’il devait s’agir d’un reste de planète. »

Les astrophysiciens ont utilisé le très grand télescope (VLT) de l’observatoire austral européen (ESO) pour scruter les cibles les plus prometteuses établies par un instrument américain, le « Sloan Digital Sky Survey » du télescope d’Apache Point au Nouveau-Mexique. Ce dernier a analysé les données de 7000 naines blanches, des étoiles qui sont les résidus d’étoiles au moins dix fois plus massives que notre Soleil.

Une analyse des anomalies chimiques de l’étoile WDJ0914+1914, située à 1500 années-lumière de la Terre dans la constellation du Cancer, a montré qu’elles étaient dues à l’évaporation de l’atmosphère de cette planète géante sous l’effet des radiations ultraviolettes très importantes émises par une naine blanche. Cette évaporation avait la forme des gaz hydrogène, oxygène et souffre, comme ceux qu’on retrouve dans les profondeurs des atmosphères de Neptune et Uranus.

Une naine blanche a une taille comparable à notre Soleil mais est beaucoup plus chaude. L’exoplanète géante en orbite autour de WDJ0914+1914 en fait le tour en dix jours et les 3000 tonnes de gaz qui s’échappent de son atmosphère chaque seconde forment une spirale autour de la naine blanche. Elle a la taille de Neptune.

Notre Soleil deviendra éventuellement une naine blanche, mais auparavant, dans cinq milliards d’années, il sera une géante rouge. Une géante rouge prend de l’expansion. Quand notre Soleil sera une géante rouge, il avalera les planètes rocheuses de notre système solaire, dont la Terre. Ensuite, la géante rouge diminue de volume et devient une naine blanche.

L’étude de Nature montre que l’exoplanète géante est située si près de la naine blanche qu’elle a dû être attirée près de WDJ0914+1914. Sinon, elle aurait été détruite parle stade « géante rouge » de son étoile. Un sort similaire à cette exoplanète attend probablement les planètes géantes de notre système solaire.