Une équipe internationale d’ethnologues, dont fait partie un chercheur montréalais, a analysé des chansons de 315 cultures et est arrivée à la conclusion que la musique est réellement universelle.

Mathieu Perreault Mathieu Perreault
La Presse

« La musique, incluant des chansons avec des mots, est présente dans chaque société observée », expliquent dans un communiqué les auteurs de l’étude publiée jeudi dans la revue Science. « La musique varie selon trois dimensions (la formalité, l’excitation et la spiritualité) à l’intérieur de chaque société davantage qu’entre les 315 sociétés. Et la musique est associée à des comportements comme la puériculture, les soins, la danse et l’amour. »

Les aspects techniques, analysés par ordinateur, par évaluation amateur et experte ainsi que par transcription des mots et des notes, sont aussi universels. « La discographie révèle que les caractéristiques acoustiques des chansons prédisent leur contexte comportemental dominant, que la tonalité est une variable répandue, voire même universelle, que la complexité du rythme et de la mélodie varie et que les rythmes et mélodies varient selon la loi de la puissance (de manière proportionnelle, NDLR). »

L’auteur montréalais est Timothy O’Donnell, du département de linguistique de l’Université McGill.

Les auteurs affirment qu’il s’agit de la première preuve qu’un aphorisme du poète américain Longfellow, datant de 1835, est vrai. Longfellow avait écrit « la musique est la langue universelle de l’humanité ».

Dans un commentaire, deux biologistes spécialistes de l’évolution de l’Université de Vienne écrivent que « cette approche offre une nouvelle manière excitante d’affronter des problèmes classiques de la musicologie ». L’un des deux auteurs de ce commentaire, W. Tecumseh Fitch, est un arrière-petit-fils du général américain de la guerre civile William Tecumseh Sherman, qui a donné son nom à un char d'assaut de la Seconde Guerre mondiale.