Des chercheurs tchèques ont mis au point des microrobots capables de décontaminer un liquide radioactif. Ils pourraient être utilisés pour traiter les déchets des centrales nucléaires et décontaminer les sites d’accidents comme Fukushima.

Mathieu Perreault Mathieu Perreault
La Presse

« Dans une simulation de déchets liquides radioactifs, les microrobots ont pu enlever 96 % de l’uranium en une heure », expliquent par voie de communiqué les chercheurs de l’Université de chimie et de technologie de Prague, qui publient leurs résultats dans la revue ACS Nano de la Société chimique américaine (ACS). « Notre équipe a ensuite recueilli avec un aimant les microrobots et a enlevé l’uranium. Cela a permis de recycler les microrobots. »

Les microrobots ont une forme cylindrique et font cinq micromètres de long, soit quatre fois moins que le diamètre moyen d’un cheveu. Des nanoparticules de « platine catalytique » à l’une des deux extrémités du cylindre convertissent du peroxyde d’hydrogène ajouté à l’eau en bulles d’oxygène, ce qui permet aux microrobots de se déplacer à une vitesse de 0,3 millimètre par seconde. Un ajout de nanoparticules de fer permet de récupérer les microrobots avec un aimant.

Les chercheurs tchèques ont fabriqué le microrobot avec un « cadre organique en métal », un type de matériau poreux capable d’attirer diverses molécules, comme l’uranium radioactif.

La nécessité de refroidir les réacteurs nucléaires endommagés dans la centrale de Fukushima au Japon, après le tremblement de terre et le tsunami de 2011, a créé plus d’un million de tonnes d’eau radioactive. Il y a en tout 29 000 tonnes de déchets radioactifs solides sur la planète, selon l’Association nucléaire mondiale.